Les dirigeants européens ont salué, mardi 30 septembre, l’annonce d’un plan de paix pour le Proche-Orient par le président américain, Donald Trump.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, aurait donné son accord, tout en revenant, plus tard dans une vidéo, sur certains points du plan, qui compte 20 points. La position du Hamas n’est pas encore connue.
Selon le plan, qui mentionne la création d'un État palestinien, si les deux parties - Israël et le Hamas - l'acceptent, « la guerre s’achèvera immédiatement » et dans les 72 heures suivant l’acceptation publique par Israël. Tous les otages devront être rendus. En contrepartie, l’État hébreu libérera 250 prisonniers condamnés à la perpétuité et 1 700 Gazaouis détenus après le 7 octobre 2023.
De plus, une aide « complète » sera « immédiatement » acheminée dans la bande de Gaza.
L’enclave, que « personne ne sera forcé de quitter », sera gouvernée en vertu de l’autorité transitoire temporaire d’un comité palestinien « technocratique et apolitique », sous la supervision et le contrôle d’un 'Comité de la paix' dirigé et présidé, notamment, par le président Trump. Un plan ‘Trump’ de développement économique pour reconstruire et dynamiser Gaza sera élaboré.
Le Hamas et les autres factions s’engageront à ne plus jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza et les États-Unis travailleront avec des partenaires arabes et internationaux pour développer une 'Force internationale de stabilisation' (ISF) temporaire à déployer rapidement (EUROPE 13715/14). À mesure que l’ISF établira le contrôle et la stabilisation, l’armée israélienne se retirera.
Soutien de l'UE. Sur le réseau social X, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont encouragé toutes les parties à saisir l’opportunité que représente le plan. « L'UE est prête à y contribuer », ont annoncé Mme von der Leyen et la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas. Selon cette dernière, ce plan « est la meilleure chance immédiate de mettre fin à la guerre ».
« Il s'agit d'un moment charnière, qui pourrait enfin mettre fin au cycle intergénérationnel d'effusions de sang, de terreur et de violence. Il existe une alternative claire à la guerre perpétuelle. Il faut la saisir », a estimé la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, sur X.
Mme von der Leyen et M. Costa ont tous deux rappelé l’importance que les hostilités prennent fin et que tous les otages soient libérés immédiatement. « Une solution à deux États demeure la seule voie viable vers une paix juste et durable au Moyen-Orient », ont-ils ajouté.
RSF demande la suspension de l’accord d’association. La situation au Proche-Orient pourrait être évoquée ce mercredi lors du Conseil européen informel à Copenhague. En amont de la réunion, l’organisation Reporters sans frontières et 16 autres ONG ont appelé l’Allemagne, l’Italie et la République tchèque, réticentes, à prendre des mesures contre l'État hébreu, à soutenir la suspension de l’accord d’association UE-Israël « face aux exactions contre les journalistes et le black-out médiatique » à Gaza. Au moins 210 journalistes ont été tués par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne depuis le 7 octobre 2023, dont au moins 56 ciblés en raison de leur activité journalistique, selon ces organisations. (Camille-Cerise Gessant)