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Bulletin Quotidien Europe N° 13720
SOMMET DE COPENHAGUE / Avenir de l'europe

La Communauté politique européenne se penchera sur toutes les menaces sécuritaires - militaires, 'cyber' ou liées au narcotrafic

Pour sa septième édition depuis 2022, le Sommet de la Communauté politique européenne (CPE), qui s’ouvrira jeudi 2 octobre à Copenhague, se saisira des mêmes problématiques et préoccupations que celles évoquées la veille par les Vingt-sept (EUROPE 13720/1) : comment rendre l’Europe plus forte et plus apte à se défendre contre toutes les agressions et tentatives de déstabilisation, entre l’agression militaire russe en Ukraine, les ingérences politiques attribuées à la Russie ayant, par exemple, récemment marqué le scrutin moldave, les stratégies de désinformation ou encore la menace du narcotrafic.

Initiée par la France sous sa présidence du Conseil de l’UE en 2022, quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine, cette formation CPE - qui réunit 47 pays, de la Turquie au Royaume-Uni en passant par la Suisse, l'Arménie et l'Azerbaïdjan et les micro-États que sont Andorre, Monaco et Saint-Marin - a désormais trouvé son « rythme de croisière » et « fait la preuve de sa pertinence », selon un diplomate national.

Cette volonté désormais établie au sein des 47 « de poursuivre ces discussions politiques à l’échelle du continent, en particulier sur les menaces qui l’affectent », s’est aussi traduite par une organisation très concrète, avec une liste arrêtée de sommets ‘CPE’ et de pays hôtes pour les années à venir (EUROPE 13647/22) et une sorte de ‘secrétariat permanent’ permettant d’assurer le suivi de toutes les initiatives concrètes portées jusqu’à présent, poursuit ce diplomate.

Cette enceinte n’est plus non plus perçue par les pays candidats à l’adhésion à l’UE comme une sorte d’antichambre permettant de retarder discrètement leurs processus.

Forum éminemment politique, qui abritera de nombreuses réunions bilatérales, ce 7e sommet de la CPE sera évidemment largement consacré à la guerre en Ukraine, avec la participation du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l’effort de réarmement du bloc UE, mais aussi à toutes les formes de déstabilisation attribuées à la Russie.

En mai, à Tirana, la 6e réunion de la CPE avait été suspendue aux résultats des premiers pourparlers pour la paix, organisés le même jour à Istanbul entre les parties russe et ukrainienne (EUROPE 13642/1).

Interférences. Si la situation en Ukraine n’a pas changé depuis, la guerre menée par la Russie s’étant même intensifiée, la réunion de Copenhague aurait toutefois pu se tenir dans un contexte encore plus sombre, après les législatives organisées en Moldavie le 28 septembre. Alors que de nombreuses tentatives d’interférence ont été attribuées à la Russie, le parti pro-européen PAS est finalement sorti victorieux, permettant aux dirigeants européens de souffler.

Pourtant, les défis restent entiers. Dans ce domaine de la désinformation ou de la manipulation des élections, cette 7e CPE devrait ainsi être l’occasion de rappeler les initiatives concrètes lancées par certains, comme une initiative franco-moldave sur la lutte contre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères ou le ‘centre de solidarité cyber pour les Balkans’.

Il s’agit ici d’un projet commun France-Slovénie-Monténégro, basé à Podgorica, au Monténégro, pour renforcer la résilience de la région face aux cybermenaces et former des professionnels à la cybersécurité.

Comme à Tirana en mai dernier, il sera question de migrations alors que le bloc UE durcit ses législations et que certains pays membres veulent aussi s’appuyer sur les pays des Balkans, comme l’Albanie, pour externaliser leurs politiques d’asile.

Narcotrafic. Quant au trafic de drogue, une initiative portée par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et le président de la République française, Emmanuel Macron, devrait être présentée aux membres de la CPE. Il s’agira d’une réunion d’une coalition européenne de lutte contre le trafic de drogue et les narcotrafics, des sujets de stabilité régionale, selon les deux dirigeants.

 « Ce que nous constatons aujourd’hui, c'est qu'il y a une volonté, au sein de la CPE, de traiter, parmi les menaces transfrontières qui affectent l'ensemble du continent européen, le sujet du narcotrafic », a poursuivi le même diplomate.

« Ça fait sens de le faire au niveau continental, de le faire au niveau de la CPE et pas seulement de l'Union européenne, puisqu’un certain nombre de pays participants à la CPE sont victimes et de ces trafics, victimes des trafiquants ».

Cette coalition européenne de lutte contre les drogues rassemblera un certain nombre d'États membres et sera portée lors d'une séance co-présidée par les deux dirigeants.

Elle pourrait s’appuyer sur l’Alliance européenne des ports, lancée par la Belgique en 2024 (EUROPE 13685/2), mais aussi mobiliser les réseaux qui existent déjà et les étendre à l’ensemble des membres de la CPE. 

Lien vers la lettre d'invitation : https://aeur.eu/f/io8 (Solenn Paulic)

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