Les deputés de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen ont débattu, jeudi 4 septembre, du rapport d’Ondřej Knotek (PfE, tchèque) sur la proposition présentée le 2 juillet dernier (EUROPE 13672/1) par la Commission européenne amendant la 'loi climat' européenne pour y introduire un objectif de réduction de 90% des émissions nettes de gaz à effet de serre de l'UE pour 2040 par rapport aux niveaux de 1990.
Le rapporteur a proposé de rejeter le texte. Dans une note explicative publiée en juillet (EUROPE 13689/19), il estimait que « l’urgence d’adopter un objectif contraignant pour 2040 avant la COP30 est injustifiée ».
Ce jeudi, Ondřej Knotek a défendu cette position, en affirmant que « le rejet de cette nouvelle cible climatique n'est pas un acte d'activisme, comme certains l'affirment. (…) C'est plutôt une décision justifiée et responsable sur la direction à prendre en Europe ».
Selon lui, l’UE souffre déjà d’une « surréglementation (de) la taxation et (d’)une redistribution fondée sur l’idéologie ». Il a dénoncé une proposition « vide », ne contenant que « des phrases creuses ».
En dehors des élus souverainistes et conservateurs, ce rejet n’a cependant pas trouvé de soutien.
Peter Liese (PPE, allemand), remplaçant la rapportrice fictive Lídia Pereira (portugaise), a exprimé son désaccord : « Nous ne soutenons pas la proposition de rejet. Nous souhaitons vraiment travailler de manière constructive. (…) La transition doit se poursuivre, pas seulement pour le climat, mais aussi pour les entreprises ».
Pour les socio-démocrates, Javi López (S&D, espagnol) a jugé le projet de rapport « totalement irresponsable et mal informé », y voyant un risque « extrêmement dangereux pour nos économies et pour les générations futures ».
Les écologistes se sont également opposés avec fermeté au rapporteur. Lena Schilling (Verts/ALE, allemande) a estimé que son texte « se moque des citoyens » et a rappelé que « le rapport scientifique a répété à plusieurs reprises qu'il fallait une réduction nette de 90 à 95% d'ici 2040 ».
Gerben-Jan Gerbrandy (Renew Europe, néerlandais) a affirmé que « la probabilité liée à la menace du changement climatique, elle, elle est de 100%. (…) La COP30 (…) ne sera couronnée de succès que si nous avons un objectif européen très ambitieux ».
Niels Fuglsang (S&D, danois) a rappelé que 90% est un minimum accepté par tous les groupes « constructifs » et que cet objectif est essentiel pour garantir une prévisibilité à long terme aux acteurs économiques.
Toutefois, plusieurs élus issus des rangs de la droite souverainiste et conservatrice ont soutenu le rapport d'Ondřej Knotek. Mathilde Androuët (PfE, française) a dénoncé un objectif « irréaliste, idéologique, non scientifique et destructeur pour nos économies ». Viktória Ferenc (PfE,, hongroise) a jugé qu’il « représente un trop grand changement pour les entreprises et pour les personnes ».
Les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche ont lancé, en juillet, un calendrier accéléré pour reprendre la main sur le dossier, avec le dépôt d’amendements prévu le 8 septembre et un vote en commission le 23 septembre.
Le rapport : https://aeur.eu/f/ia0 (Nithya Paquiry)