Qu'il s'agisse du conflit israélo-palestinien ou des relations commerciales transatlantiques, le groupe social-démocrate (S&D) au Parlement européen demande à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'agir pour faire respecter le droit international, alors que cette dernière prononcera le premier discours sur l'état de l'Union européenne (SOTEU) de son deuxième mandat mercredi 10 septembre à Strasbourg.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de retomber dans un monde multipolaire fondé sur l'extorsion, où les forts dominent les faibles. L'UE doit de toute urgence prendre l'initiative de placer systématiquement le droit international au cœur de toutes ses politiques extérieures, de Gaza et de l'Ukraine au commerce avec les États-Unis, la Chine et le reste du monde, et elle doit rester une fervente défenseure des Nations unies », déclare la présidente du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez, dans une lettre à Mme von der Leyen adressée mercredi 3 septembre. Elle souhaite également que l'UE réaffirme sa souveraineté dans l'élaboration et l'application de ses propres règles, notamment dans le secteur numérique.
Concernant la catastrophe humanitaire à Gaza, Mme García Pérez demande à la Commission d'en finir avec l'inaction « intolérable » et de proposer de suspendre l'accord d'association UE/Israël et la participation israélienne au programme-cadre Horizon Europe.
Concernant l'accord commercial agréé par la Commission avec l'administration Trump, les sociaux-démocrates pointent le « dangereux précédent qui éroderait notre crédibilité et notre autonomie », si l'UE se résignait, sans faire valoir son poids économique ni défendre le système multilatéral, à accepter des barrières douanières « unilatérales » et « illégales » au regard des règles de l'OMC. « L'accord avec les États-Unis n'est ni juste ni équilibré », soulignent-ils. Et de préconiser de nouer des « partenariats » avec d'autres parties du monde qui respectent le droit international. Dans l'esprit de Mme García Pérez, l'accord avec le Mercosur, que la Commission a proposé de finaliser mercredi (EUROPE 13701/1), est un moyen de contrebalancer les tensions commerciales avec les États-Unis.
Le groupe S&D réitère également ses priorités sociales. Il réclame, par exemple, la présentation d'un plan d'action européen pour rendre le logement plus abordable dans l'UE, une stratégie visant à éradiquer la pauvreté à l'horizon 2050 ainsi qu'un ambitieux paquet sur la qualité de l'emploi, notamment sur l'utilisation de l'intelligence artificielle sur le lieu de travail. L'introduction d'une conditionnalité sociale dans la commande publique est également mise en avant. En outre, le groupe politique s'attend à une stratégie « ambitieuse » pour l'égalité de genre après 2025, y compris des propositions sur la lutte contre le viol « basée sur la notion d'absence de consentement » et permettant d'inscrire l'avortement légal dans la Charte de l'UE sur les droits fondamentaux.
Enfin, concernant l'enjeu climatique, Mme García Pérez refuse tout retour en arrière sur le 'Pacte vert européen' qui remettrait en cause l'objectif climatique agréé à l'horizon 2050 et celui proposé pour 2040 (EUROPE 13701/18). Elle demande à Mme von der Leyen de présenter une stratégie de mise en œuvre du 'Pacte vert' incluant le 'Fonds social pour le climat'.
Voir la lettre de Mme García Pérez : https://aeur.eu/f/i9j (Mathieu Bion)