Magda Kopczyńska, directrice générale de la Commission européenne chargée de la mobilité et des transports (DG MOVE), a lancé « un appel très fort » aux États membres de l’UE pour soutenir le budget proposé par la Commission européenne consacré à la mobilité militaire, lors d’une conférence organisée au Parlement européen par la Communauté européenne du rail (CER), mercredi 3 septembre.
En effet, le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, présenté en juillet (EUROPE 13683/3), suggère d’augmenter le budget dédié aux transports et à la mobilité militaire, pour atteindre 17,5 milliards d'euros. « C'est à vous qu'il appartient de soutenir cette proposition, il faut la concrétiser », a-t-elle insisté, en s’adressant aux représentants des États membres. La veille, les eurodéputés avaient aussi exprimé leurs inquiétudes à ce sujet, craignant que le Conseil de l’UE décide de diminuer le montant proposé (EUROPE 13700/16).
Pour Agnieszka Wasilewska-Semail, PDG du logisticien polonais PKP Cargo, l’investissement doit non seulement être consacré aux infrastructures, mais aussi à la formation de personnel. « Il est nécessaire d'investir dans les connaissances », a-t-elle souligné.
De son côté, la directrice générale a également évoqué l’importance du règlement relatif à l’utilisation des capacités ferroviaires, actuellement en cours de négociation entre le PE et le Conseil (EUROPE 13675/6). En effet, si on investit dans les infrastructures à double usage, civil et militaire, il faut prévoir un accès partagé. « Il faut conclure un accord, pour savoir comment agir en cas de priorité militaire en temps de crise », a-t-elle considéré. « Il faut s'assurer que les gestionnaires d'infrastructures travailleront en étroite collaboration ». Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien) a rappelé que la mobilité militaire ne signifie pas seulement transporter des troupes et du matériel, mais aussi évacuer des civils, si besoin.
Enfin, à l’instar des députés la veille et des autres intervenants, Mme Kopczyńska a fait mention des charges administratives. « Les exigences nationales entravent la connectivité, il faut examiner attentivement ce qu'il faut conserver et ce qu'il faut changer », a-t-elle indiqué. Pour Roberts Zīle (CRE, letton), la solution d'un ‘espace Schengen militaire’ est à portée de main, notamment car elle ne nécessite pas d'argent. (Anne Damiani)