Le projet de rapport de Tomislav Sokol (PPE, croate) modifiant la proposition sur les médicaments critiques a suscité des réactions globalement positives au sein de la commission de la santé publique du Parlement européen, lundi 1er septembre (EUROPE 13698/9).
Tiemo Wölken (S&D, allemand) a estimé, concernant la création éventuelle d’un stock européen, qu'il était favorable à cette idée, mais il convient de l’examiner avec beaucoup de prudence. « Il est essentiel d’éviter toute duplication inutile et des efforts de stockage nationaux qui pourraient se révéler contreproductifs face à un stock européen potentiel », a-t-il mis en garde. Selon lui, il faut éviter la coexistence de stocks nationaux et européens pour un même produit, « car cela risquerait de créer des pénuries artificielles ».
L’eurodéputé a également soutenu l’idée d’un stock de précaution coordonné, complété par des stocks nationaux pour les médicaments critiques et les produits d’intérêt commun.
Vlad Voiculescu (Renew Europe, roumain), pour sa part, a insisté sur la nécessité d’un mécanisme de coordination à l’échelle de l’Union et a jugé que la constitution d’un stock européen devait rester une solution de dernier recours. Il a plaidé pour que l’accent soit mis avant tout sur les besoins des patients.
Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) a estimé, s'agissant des projets stratégiques, que plutôt que d’élargir le champ d’application – dans un contexte de diminution constante des budgets de santé – « nous devons donner la priorité aux projets qui répondent aux plus fortes dépendances, aux pénuries récurrentes, aux principes actifs polyvalents et aux infrastructures de production vieillissantes ».
Pour éviter un gaspillage pharmaceutique inutile, elle a plaidé pour que les stocks de précaution appliquent la règle du « premier entré, premier sorti ». Elle a également soutenu l’idée de sanctions à l’encontre des entreprises qui refuseraient de fournir des médicaments critiques même après avoir bénéficié de financements publics nationaux ou européens. Enfin, elle a appelé à abaisser le seuil pour les achats groupés de médicaments au niveau de l’UE : « Plus nous utilisons cet outil, mieux ce sera pour les budgets de santé nationaux et pour les patients ».
Le délai pour le dépôt des amendements au sein de la commission est fixé au 19 septembre.
« Je n'ai pas vu de grandes divergences » à propos du texte, a résumé M. Sokol. (Lionel Changeur)