Le rapporteur sur les amendements à la proposition concernant les mesures en faveur du secteur du vin, Esther Herranz García (PPE, espagnole), a estimé, lundi 1er septembre, devant la commission de l’agriculture du Parlement européen, que le contenu des amendements la rendait plutôt optimiste (EUROPE 13695/8).
« Je pense qu’on arrivera à obtenir des compromis au cours des semaines qui viennent. Aujourd’hui, nous avons déjà des compromis concernant un tiers des amendements », a-t-elle résumé. Elle espère que le Parlement européen pourra adopter une position le plus rapidement possible afin de finaliser les négociations législatives avec le Conseil de l’UE avant la fin de l’année. L’objectif est que le nouveau cadre législatif soit prêt pour la prochaine campagne vitivinicole 2026/2027.
Pour Éric Sargiacomo (S&D, français), la baisse de la consommation se conjugue avec les répercussions des bras de fer commerciaux, « comme on l’a vu cet été, qui touchent en premier lieu un secteur aussi exportateur que celui des vins et spiritueux ». Il a préconisé de renforcer les outils de régulation à la disposition des producteurs afin de rééquilibrer rapidement le marché et de réintégrer l’aide à l’arrachage dans la politique agricole commune (PAC). Il a plaidé pour davantage de cohérence : « On ne peut pas être en sous-production d’un côté et, de l’autre, obliger les États membres à augmenter leur surface de vignes de 1% par an de façon systématique ».
M. Sargiacomo a également suggéré de permettre aux gestionnaires des vins sous indication géographique de formuler des recommandations de prix, non seulement sur le prix du raisin, mais aussi sur les moûts et les vins en vrac. Il a plaidé en outre pour la légalisation des cépages issus des Vitis labrusca, encore interdits alors qu’ils ne présentent pas de risques avérés pour la santé publique et qu’ils disposent de gènes de résistance utiles pour réduire l’utilisation des pesticides et s’adapter aux évolutions climatiques.
De son côté, Gilles Pennelle (PfE, français) a estimé que l’arrachage n’était pas la solution à la crise. Selon lui, il convient plutôt de mettre fin à la concurrence intra-européenne, qui fragilise fortement les viticulteurs, et de relancer la consommation intérieure de vin.
Benoît Cassart (Renew Europe, belge), pour sa part, a demandé de trouver des solutions sur les modalités d’étiquetage du vin désalcoolisé. (Lionel Changeur)