La commission du développement (DEVE) du Parlement européen effectuera sa rentrée lundi 1ᵉʳ septembre en se penchant sur différentes propositions d'amendements à la rubrique (6) 'Voisinage et monde' du budget de l'Union européenne pour l'année 2026 (EUROPE 13678/30). 29 amendements seront soumis aux votes des eurodéputés lundi soir.
Aide humanitaire. Parmi les propositions notables, Charles Goerens (Renew Europe, luxembourgeois), Barry Andrews (Renew Europe, irlandais), Lukas Mandl (PPE, autrichien), Niels Geuking (PPE, allemand), Carla Tavares (S&D, portugaise), Udo Bullmann (S&D, allemand), Erik Marquardt (Verts/ALE, allemand) et Damien Carême (Verts/ALE, français) proposent d’augmenter le budget de l’aide humanitaire de 91,7 millions d’euros (+5% par rapport au projet de budget de la Commission européenne (EUROPE 13653/27) afin de répondre à l’augmentation attendue des crises humanitaires en 2026 et de garantir une base budgétaire solide, plutôt que de dépendre de solutions ponctuelles.
De son côté, György Hölvényi (PfE, hongrois) plaide pour une hausse plus limitée (+18,9 millions d’euros en engagements et +6,5 millions en paiements) assortie d’une condition : réserver 10% des crédits à l’éducation, considérée par l'eurodéputé comme essentielle pour assurer la continuité scolaire et la résilience des enfants touchés par les conflits. En outre, l'eurodéputé propose de créer une nouvelle sous-section budgétaire spécifiquement dédiée au financement de l'éducation.
Crise au Proche-Orient. Dans la sous-section « voisinage sud », Mimmo Lucano (La Gauche, italien) recommande un budget augmenté de 80 millions d’euros en engagements afin de « financer les activités essentielles de l’UNRWA (...) dans un contexte de crise financière et de besoins accrus ».
Un autre amendement, ayant un objectif similaire, formulé par Mme Tavares, MM. Bullman, Goerens et Marquardt, propose une dotation supplémentaire de 71,2 millions.
Droits fondamentaux. En matière de droits fondamentaux, M. Hölvényi propose de réaffecter 15% des engagements (-17,3 millions) prévus afin « de soutenir l'accès à une éducation de qualité, en tant que droit universel, qui contribue à la démocratisation et à une citoyenneté responsable ».
Pour cette même sous-section budgétaire, Mme Tavares, MM. Goerens et Marquardt préconisent, eux, au contraire, un engagement supplémentaire de 4,6 millions d'euros. « Ce renforcement vise à consolider la coopération et le partenariat de l’Union européenne avec la société civile dans la promotion des droits de l’homme et de la démocratie - en particulier pour les groupes vulnérables dans des contextes fragiles et sensibles », estiment ces eurodéputés.
Organisations de la société civile. Le financement des organisations de la société civile (OSC) est totalement remis en question par Marc Jongen (ESN, allemand).
M. Hölvényi, quant à lui, préconise une diminution de 15% des crédits d'engagement (-23,6 millions) afin « [d']accroître l'efficacité et l'impact de la coopération au développement de l'UE » en réorientant à nouveau les fonds vers l'éducation.
Deux eurodéputés polonais du groupe des conservateurs et réformistes (CRE) proposent, de leur côté, une réduction de 7,8 millions. « Bien que la société civile demeure un pilier important du développement démocratique et de la promotion de la gouvernance, le financement de l’UE en faveur des OSC n’est pas toujours suffisamment ciblé, efficace ou axé sur les résultats », justifient Małgorzata Gosiewska et Mariusz Kamiński.
La Gauche préconise 10 millions supplémentaires, tandis que Mme Tavares, MM. Goerens et Marquardt plaident pour 5 millions supplémentaires, considérant le rôle « vital » des ONG et OSC dans la mise en œuvre des projets de l'UE en contextes fragiles.
Afrique. Trois amendements, présentés ensemble par des eurodéputés des groupes de la coalition pro-européenne (PPE, S&D, Renew Europe et Verts/ALE), proposent d’augmenter d’environ 1% les crédits d’engagement destinés à l’Afrique de l’Ouest, à l’Afrique de l’Est et centrale ainsi qu’à l’Afrique australe et à la région de l’océan Indien, afin de compenser les coupes budgétaires opérées lors de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel 2024-2027.
L’objectif est de garantir que les financements en faveur de l’Afrique subsaharienne atteignent le seuil minimal de 29,18 milliards d’euros prévu par le règlement 'NDICI-Global Europe', en faisant usage de deux mécanismes budgétaires : la réserve 'cushion' du NDICI, qui permet de répondre à des besoins imprévus, et la marge de la rubrique 6, soit l’espace budgétaire non encore alloué sous le plafond.
Afrique du Sud. M. Jongen propose de réduire de 82,4 millions d'euros les crédits d'engagement destinés aux régions de l'Afrique australe et l’océan Indien, car, selon l'eurodéputé nationaliste, celle-ci « est globalement caractérisée par une corruption persistante et élevée, et en particulier en République d'Afrique du Sud ».
« La minorité autochtone des Boers est victime de persécutions et de harcèlement de la part de l'État en raison de ses origines européennes. La réduction de 15% des paiements versés à la région est une réponse appropriée à ces griefs », justifie M. Jongen.
D'autres amendements ciblés sont proposés pour des défis de portée mondiale, notamment en matière d'adaptation au changement climatique, de migration irrégulière ou d'intégration économique.
Voir l'ensemble des amendements : https://aeur.eu/f/i5t (Bernard Denuit)