login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13670
Sommaire Publication complète Par article 17 / 26
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits fondamentaux

'Budapest Pride' - près de 200 000 personnes, dont quelque 70 eurodéputés, ont marché malgré l’interdiction

L'interdiction actée par la loi adoptée en mars dernier par le Parlement hongrois, n'a pas suffi à dissuader près de 200 000 personnes, selon les organisateurs, à défiler, samedi 28 juin, dans les rues de Budapest (Hongrie) pour défendre les droits des personnes LGBTQI+. Il s’agirait ainsi d’une mobilisation inédite depuis la création de la 'marche des fiertés' hongroise dans les années 1990.

Le texte adopté au printemps, découlant de la législation de 2021 pour la protection de l’enfance, s’oppose à tout rassemblement susceptible d’exposer les mineurs à l’homosexualité ou à la transidentité. 

Les participants encouraient des amendes pouvant atteindre 500 euros et les organisateurs des peines allant jusqu’à un an de prison ; aussi, un dispositif de surveillance avec un système de reconnaissance faciale a été instauré.

Ainsi que l’a rapporté l’AFP, le maire écologiste de Budapest, Gergely Karácsony, a contourné l’interdiction en déclarant l’événement comme un rassemblement civique organisé par la ville. 

Face à une surveillance policière renforcée, ce dernier s’est déroulé sans heurt. 

Le Premier ministre Viktor Orbán (Fidesz-MPSZ) a qualifié la marche de « honte », dans une interview diffusée sur Facebook, après avoir avancé vendredi 27 juin que des « conséquences légales » pourraient s’appliquer. Le gouvernement a également accusé l’opposition d’avoir « violé la loi avec le soutien de l’étranger », selon l’AFP.

Quelque 70 eurodéputés ont participé à la marche. Le groupe social-démocrate (S&D) a condamné, dans une déclaration, « une démonstration claire d’autoritarisme » et appelé à activer l’article 7(2) du TUE. Les Verts/ALE ont salué une « Pride historique », et ont affirmé ne pas relâcher la pression pour la défense « de nos existences, de notre dignité, de nos droits, de la démocratie », selon une déclaration de l'eurodéputée française Mélissa Camara, tandis que Renew Europe a dénoncé une « tentative désespérée d’un autocrate de se raccrocher à son électorat », voyant dans cette marche  un « acte de protestation, de résistance et d’unité ». 

L’absence d’une délégation du Parti populaire européen à la manifestation a été relevée par plusieurs eurodéputés présents, ainsi que l'ont rapporté nos confrères d’Euronews. On notera que Maria Walsh (irlandaise) était présente. 

Du côté de la Commission européenne, la présidente, Ursula von der Leyen, s’est exprimée le 26 juin (EUROPE 13668/27) par le biais d'une déclaration vidéo publiée sur le réseau social X. Présente à la conférence internationale sur les droits humains (EUROPE 13669/20) la commissaire européenne chargée de l’Égalité, de l'État de préparation et de la Gestion des crises,  Hadja Lahbib, s’était rendue à Budapest la veille de l'événement pour rencontrer des ONG, mais n’a pas participé à la marche. 

La veille également, plusieurs organisations européennes de défense des droits LGBTIQ+,  ILGA-Europe, Forbidden Colours, Reclaim EU, EL*C et OII-Europe, avaient publié une déclaration conjointe accusant la Commission européenne d’inaction. « Budapest Pride aurait pu être légale et sûre. La Commission européenne a choisi autrement », affirmaient-elles,  pour pointer du doigt un manque de soutien et l'absence de « demandes de mesures provisoires à la Cour de justice de l'UE pour obtenir la suspension de la loi » face à des mois de sollicitation d'organisations de la société civile et d’États membres. (Nithya Paquiry)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
BRÈVES