Le puits de carbone terrestre européen, constitué des forêts, des sols et d'une diversité de surfaces naturelles, s’est fortement affaibli au cours de la dernière décennie.
Ce constat, issu de son rapport « Renforcer le puits de carbone terrestre de l’Europe : état des lieux et perspectives », publié lundi 30 juin, est détaillé par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui avance que le secteur de l’utilisation des terres, du changement d’affectation et de la foresterie (UTCATF ou LULUCF) n’a absorbé que 198 millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2e) en 2023, contre 335 MtCO2e en moyenne entre 1991 et 2013.
Cette baisse de 30% conduit la contribution du secteur à l'absorption de 6% seulement des émissions brutes de l’Union européenne et s’explique par le vieillissement des forêts, qui absorbent moins de carbone en grandissant, mais aussi par une augmentation des coupes de bois et par des expressions de la crise climatique de plus en plus fréquentes et violentes, comme les incendies, les sécheresses ou les invasions d’insectes.
Alors que l’UE s’est engagée à atteindre 310 MtCO₂e d'absorption nette d'ici 2030, les projections actuelles montrent un écart de 45 à 60 MtCO₂e par rapport à cet objectif.
Aussi, le rapport répertorie un ensemble de solutions telles que le reboisement, la restauration de zones humides, l’agroforesterie, la meilleure gestion des terres agricoles et des forêts, la valorisation de la biomasse dans des produits durables.
Aussi, l’AEE appelle à intensifier les investissements, harmoniser les politiques publiques, améliorer la qualité des données et accompagner les gestionnaires de terres dans la transition.
Le rapport : https://aeur.eu/f/hmn (Nithya Paquiry)