À l’occasion de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4), la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont annoncé, lundi 30 juin, un nouveau type d’accord de garantie financière, qui doit permettre de couvrir jusqu’à 5 milliards d’euros pour sécuriser les investissements et élargir les opérations de la BEI en dehors de l’Union européenne.
Cette garantie pourra désormais s’appliquer à des entités empruntant en leur propre nom sur les marchés financiers, sans appui de l’État. Jusqu’à présent, seules les opérations bénéficiant d’une garantie étatique étaient éligibles.
« Cet accord constitue un levier important pour Global Gateway, notre stratégie de soutien au développement durable, de renforcement de la présence de l’UE dans le monde et d’approfondissement de nos partenariats internationaux. Nous apportons une garantie de 5 milliards d’euros pour débloquer des investissements à fort impact là où ils sont le plus nécessaires », a défendu lundi le commissaire européen aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela.
L'initiative a été annoncée en marge du lancement, à Séville lundi matin, de la conférence 'FFD4' de l'ONU. Le Président du Conseil européen, António Costa, et la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, y ont réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur du financement de l’aide au développement, rappelant que 42% des financements mondiaux provenaient de l'UE et de ses États membres.
Les deux présidents ont plaidé pour une architecture financière internationale renouvelée, appelant à mobiliser massivement le secteur privé, à maximiser l’impact des investissements publics et à renforcer les systèmes fiscaux nationaux.
En ouverture de conférence, Mme von der Leyen a estimé qu'un système fiscal équitable était essentiel pour attirer des investissements privés. La fiscalité intérieure « est la source de financement la plus durable pour des services tels que les soins de santé ou l'éducation », a-t-elle déclaré devant près d'une cinquantaine de chefs d'État ou de gouvernement.
Les sociaux-démocrates européens représentés à Séville, malgré la division du PE. Le coordinateur 'S&D' de la commission du développement du Parlement européen, Udo Bullmann (allemand), participe à la FFD4 dans le but, a-t-il indiqué dans un communiqué, de défendre de « véritables partenariats d’égal à égal – des partenariats où personne n’est laissé pour compte et dans lesquels l’Europe assume pleinement sa responsabilité mondiale croissante ».
Lors d'un vote en séance plénière du PE, mardi 17 juin, les eurodéputés n'étaient pas parvenus à s'accorder sur une position en vue de la conférence onusienne. Le vote avait révélé des visions différentes au sein de la coalition pro-européenne sur les objectifs de l'UE en matière de coopération au développement et au regard d'importantes coupes budgétaires américaines (EUROPE 13661/21 ; 13662/39). (Bernard Denuit)