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Bulletin Quotidien Europe N° 13670
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les eurodéputés souhaitent éviter une forte restructuration du secteur de l’élevage dans l'UE 

La commission de l’agriculture du Parlement européen a discuté, lundi 30 juin, des moyens de sauver le secteur de l’élevage, en difficulté.

Les députés européens ont débattu du projet de rapport de Carlo Fidanza (CRE, italien) sur l'avenir durable du secteur de l’élevage de l’UE. Le rapporteur s'oppose à « toute restructuration drastique » du secteur.

La Commission européenne devrait présenter, d’ici fin 2025, une stratégie consacrée à l’élevage, et les eurodéputés estiment que la réforme de la politique agricole commune (PAC) après 2027 devrait : - maintenir les soutiens couplés aux ruminants sans conditions environnementales supplémentaires ; - prévoir une période de transition pour tout nouveau régime de soutien après 2027 ; - actualiser les prix de référence pour les interventions sur le marché.

Lors du débat, M. Fidanza a critiqué « l’idéologie qui diabolise la consommation de viande » et invité la Commission à créer, comme demandé par Benoît Cassart (Renew Europe, belge), un groupe de haut niveau sur l’élevage, sur le modèle du groupe de haut niveau sur la politique vitivinicole.

La demande mondiale en protéines animales devrait augmenter considérablement d’ici 2050, renforçant la pertinence à long terme du secteur, quels que soient les modes de production (extensif, hors-sol…), souligne le projet de rapport. Il se prononce aussi pour une approbation plus rapide des engrais alternatifs, tels que le digestat et RENURE, demande une révision de la directive sur les nitrates et prône la réciprocité des normes dans tous les accords commerciaux.

Le projet de rapport signale que « les preuves scientifiques, l’évolution de la production et l’acceptation des consommateurs, qui sont nécessaires pour soutenir l’agriculture cellulaire comme alternative viable à l’élevage traditionnel font actuellement défaut ». La préservation des paiements couplés (pour les ruminants) a aussi été réclamée par Céline Imart (PPE, française), qui a critiqué la viande cellulaire et les dangers qu'elle représente. 

Cristina Maestre (S&D, espagnole) a insisté sur le besoin de prévoir des financements pour les éleveurs. 

Benoît Cassart a estimé que le projet de rapport allait dans la bonne direction, mais a fait des suggestions d'ajouts sur la création d'un mécanisme d'alerte et de réponse rapide en cas de propagation des maladies animales, sur le renouvellement des générations et sur le besoin d’une meilleure cohérence entre les politiques commerciales et les politiques agricoles de l'UE.

David Cormand (Verts/ALE, français) a estimé que le projet de rapport ne devrait pas prôner, comme il le fait, le statu quo en faveur du modèle industriel d'élevage. La répartition de la valeur n'est pas présente dans ce projet de rapport, lequel devrait aussi, selon M. Cormand, dénoncer la concurrence déloyale à l'intérieur de l'UE à cause des géants de l'agroalimentaire. M. Cormand a évoqué aussi les effets négatifs des accords de libre-échange. 

Esther Herranz García (PPE, espagnole) a fustigé la proposition de la Commission sur le transport des animaux. 

La Commission a mis en place à ce stade un groupe de travail sur le secteur de l'élevage, dont la première réunion s’est tenue le 27 mai (EUROPE 13637/7). Les prochaines réunions sont prévues pour le 23 octobre et le 11 décembre.

Lien vers le projet de rapport: https://aeur.eu/f/hmq (Lionel Changeur)

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