Le 'Comité budgétaire européen' (EFB) est d'avis que, si l'on exclut l'augmentation des dépenses nationales dans la défense, une orientation budgétaire restrictive pour la zone euro est appropriée en 2026, dans un rapport publié lundi 23 juin.
« La flexibilité budgétaire en matière de défense ne doit pas devenir une porte dérobée favorable à un assouplissement budgétaire plus large », a déclaré le nouveau président du comité européen, Pieter Hasekamp, convaincu que « la responsabilité budgétaire et la sécurité collective peuvent aller de pair ».
Selon lui, si tous les pays de la zone euro activent la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance, qui autorise les États membres, pendant quatre ans, à dépenser jusqu'à 1,5% de leur PIB national en matériel militaire sans que ces dépenses soient comptabilisées dans le déficit public, le stimulus budgétaire atteindrait 0,5% du PIB de l'Eurozone en 2026. M. Hasekamp y a vu un risque pour la soutenabilité des finances publiques nationales en raison de l'endettement accru.
À ce stade, parmi les grandes économies de la zone euro, seule l'Allemagne a activé cette clause (EUROPE 13632/8).
Pour renforcer la crédibilité de leurs finances publiques, les États membres, qui recourront à la clause dérogatoire nationale du Pacte, devraient définir « des stratégies à moyen terme solides pour financer des dépenses de défense durablement plus élevées », estime l'EFB. Cela passerait par l'insertion dans les programmes budgétaires pluriannuels d'« ajustements proportionnels au niveau des dépenses et/ou des recettes des budgets nationaux », a-t-il ajouté.
Membre du comité EFB, George Kopits a appelé les gouvernements nationaux à débuter ce processus le plus tôt possible, en programmant des « réformes structurelles » ou en augmentant « la taxation ». Les conséquences budgétaires d'une réforme des retraites prennent du temps à se matérialiser, a-t-il indiqué, admettant la difficulté pour un gouvernement de prendre des décisions impopulaires.
Interrogé sur l'opportunité pour les États membres de lever de la dette commune au niveau européen, M. Hasekamp a estimé que, « d'une manière générale, on pourrait plaider en faveur d'un plus grand partage des risques dans le financement de biens publics » européens. Cette question sera davantage développée dans le rapport annuel du comité européen, attendu pour octobre.
Le comité EFB est en phase avec les prévisions économiques de printemps de la Commission, selon lesquelles la croissance économique bénéficiera d'une légère accélération en 2026 (EUROPE 13643/7).
Voir le rapport de l'EFB : https://aeur.eu/f/hif (Mathieu Bion)