Face à la volonté des États-Unis de favoriser les cryptomonnaies stables ('stable coins') adossées au dollar, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a estimé nécessaire de « revisiter » la réglementation européenne encadrant les cryptoactifs ('MiCA') pour protéger davantage les consommateurs européens, lundi 28 avril, lors d'un dialogue avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
« C'est très clair » : les États-Unis ont mis en place « une réglementation pour favoriser les cryptomonnaies stables et, indirectement, pour favoriser l'utilisation du dollar », a déclaré M. de Guindos, en réponse à une question de Tomáš Kubín (PfE, tchèque). Selon lui, l'Europe doit adopter « une approche holistique » pour contrer cette évolution qui comporte des risques pour son autonomie stratégique. Et d'ajouter : nous devrions réexaminer le règlement 'MiCA', car il existe certains « déséquilibres » liés à des carences dans la défense des consommateurs dans d'autres juridictions par rapport à la situation en Europe.
Anouk Van Brug (Renew Europe, néerlandaise) a demandé à l'ancien ministre espagnol des Finances comment faire pour promouvoir l'utilisation de l'euro dans les transactions internationales et en tant que monnaie de réserve. M. de Guindos a préconisé la mise en place de marchés et des services financiers « bien plus intégrés » dans l'UE ainsi que de l'euro numérique, initiative publique propice à l'innovation privée (EUROPE 13617/26).
« Il y a une opportunité. À nous de la saisir », a-t-il considéré.
M. de Guindos a rappelé la récente décision de la BCE de baisser ses taux directeurs de 25 points de base, pour la septième fois depuis juin 2024 (EUROPE 13624/7). Malgré « la très forte incertitude » liée aux tensions commerciales internationales, mon « message principal » est le suivant : « Nous sommes confiants dans le fait que le processus de désinflation se poursuivra », a-t-il souligné. Il s'est dit « un peu moins optimiste » concernant la croissance économique, qui devrait néanmoins rester positive en 2025.
Interrogé par Dirk Gotink (PPE, néerlandais) sur l'impact sur la BCE et les systèmes financiers de la coupure d'électricité, qui frappait au même moment l'Espagne et le Portugal (voir autre nouvelle), le vice-président de la BCE a avoué n'avoir pas été en mesure de joindre ses proches en Espagne. Il a estimé nécessaire d'apprendre de cet incident d'ampleur pour se préparer à des perturbations futures car, en fin de compte, « nous sommes interconnectés ».
Voir le discours de M. de Guindos : https://aeur.eu/f/gkw (Mathieu Bion)