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Bulletin Quotidien Europe N° 13629
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat/dÉfense

Pour ne plus les opposer, le groupe de réflexion Bruegel identifie sept intérêts où les agendas des deux secteurs convergent

L’Union européenne peut-elle renforcer ses capacités de défense sans compromettre ses engagements climatiques ? Tandis que la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques conduisent l’UE à réarmer, la question d’un possible conflit budgétaire avec la transition verte se pose.

En ce sens, le groupe de réflexion européen Bruegel a publié, lundi 28 avril, une analyse qui nuance la situation. Ainsi, sans nécessairement être confrontées, les politiques de défense et de climat peuvent converger vers des intérêts communs.

La Commission européenne a présenté le 4 mars le plan appelé 'Réarmer l’Europe' ('ReArm Europe/Readiness 2030') (EUROPE 13592/1), qui vise à mobiliser 800 milliards d’euros pour la défense, ce qui porterait les dépenses militaires à 3,5% du PIB. Or, atteindre les objectifs climatiques exigerait 2% supplémentaires du PIB. 

Si cette tension inquiète les États, en raison du poids qu’elle représente pour leurs finances publiques, Bruegel identifie sept domaines où les enjeux liés à la défense et au climat peuvent se rejoindre, les politiques relatives pouvant même mutuellement se renforcer.

Le rapport évoque la transition vers une électricité propre, qui réduirait la dépendance européenne à l'égard des énergies fossiles, qui constitue une véritable faiblesse en période de conflit. Les forces armées pourraient en outre bénéficier de systèmes renouvelables portables, ce qui diminuerait leur dépendance logistique.

Aussi, le développement de carburants bas-carbone présente également un avantage stratégique. 

Les forces armées et les secteurs du transport lourd, comme l’aviation ou le secteur maritime, ont tous deux besoin de carburants renouvelables et bas carbone pour réduire leur dépendance à l'égard du pétrole. 

L’UE, ainsi que le rappelle l’analyse, possède déjà 60% des brevets mondiaux dans ce domaine et dispose de certaines des entreprises les plus innovantes. Elle peut, par conséquent, développer ces carburants à grande échelle, tant pour assurer l’autonomie énergétique de ses armées que pour réussir la transition écologique de ses transports.

Le rapport souligne qu’intégrer des critères écologiques aux achats militaires stimulerait l’industrie verte, sans pour autant peser sur le budget global de la défense.

Par ailleurs, le fait de convertir les infrastructures automobiles en usines de production militaire atténuerait les conséquences de la transition écologique.

Enfin, Bruegel plaide pour une gestion concertée des matières premières critiques, une innovation coordonnée et une préparation commune aux crises climatiques et sécuritaires.

L’Union européenne est ainsi appelée à considérer davantage une stratégie intégrée défense-climat.

Le rapport : https://aeur.eu/f/gkx  (Nithya Paquiry)

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