Dans son rapport 2020-2024 sur Chypre, le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) se dit particulièrement préoccupé par la situation des travailleurs migrants - y compris les travailleurs domestiques - exclus du champ d’application du salaire minimum et souvent cantonnés à des emplois dans des secteurs spécifiques, ce qui accroît leur vulnérabilité à l’exploitation.
« La majorité des victimes présumées de la traite parmi les demandeurs d’asile arrivent par la partie nord de Chypre [République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement pas Ankara, NDLR] », précise le GRETA, qui se dit « particulièrement préoccupé par les informations selon lesquelles, depuis la mi-mai 2024, des demandeurs d’asile, notamment des personnes extrêmement vulnérables ayant de graves problèmes de santé, ont été systématiquement renvoyés dans la zone tampon. Il y a eu également des refoulements de ressortissants étrangers (essentiellement des Syriens) arrivant à Chypre par bateau ».
Le rapport souligne que les enfants non accompagnés ou séparés sont rendus vulnérables à l’exploitation parce que leur accès aux soins et à l’éducation est limité et que l’exercice de la tutelle est problématique.
Les experts du Conseil de l'Europe exhortent les autorités à veiller à ce que ces enfants soient placés dans un hébergement approprié et soient scolarisés dès que possible.
Ils demandent également que la procédure de détermination de l’âge soit menée sans retard et conformément aux normes internationales.
Lien vers le rapport du GRETA : https://aeur.eu/f/gkh (Véronique Leblanc)