En 2024, le trafic et les émissions de l'aviation européenne ont pratiquement retrouvé leur niveau d'avant la pandémie, selon le rapport du centre de réflexion et réseau d'ONG Transport & Environment (T&E) publié lundi 28 avril.
En effet, plus de 8,4 millions de vols ont quitté les aéroports européens et produit 187,6 millions de tonnes de CO2, soit une augmentation de 8% des émissions et de 5% du nombre de vols par rapport à 2023. De plus, les vols intraeuropéens (EEE et Royaume-Uni) ont même dépassé leurs niveaux d'émissions de 2019, tandis que les vols extraeuropéens rattrapent rapidement leur retard. Actuellement, le 'système communautaire d'échange de quotas d'émission' (SCEQE ou ETS) pour l'aviation ne tarifie que les émissions des vols entre et au sein de l'Espace économique européen (EEE) et de l'EEE vers le Royaume-Uni et la Suisse.
Pour T&E, « la révision de la législation prévue en 2026 est l'occasion de combler cette lacune et d'étendre le champ d'application à tous les vols en partance et, donc, d'appliquer la tarification du carbone à une plus grande partie des émissions de l'aviation européenne » (EUROPE 13622/24).
T&E recommande aussi d’intégrer les effets des émissions hors CO2 dans la politique climatique, y compris la surveillance de tous les vols. Parallèlement, il estime que l'UE devrait taxer le kérosène par le biais de la directive sur la taxation de l'énergie, dont la révision est discutée depuis années au sein du Conseil de l'UE (EUROPE 13564/11).
Lire le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/gky (Anne Damiani)