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Bulletin Quotidien Europe N° 13624
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Face à « l'incertitude exceptionnelle » liée aux tarifs douaniers américains, l'institut monétaire baisse à nouveau ses taux directeurs

Face à « l'incertitude exceptionnelle » générée par les tensions commerciales qu'a déclenchées le président américain, Donald Trump, la BCE a décidé, jeudi 17 avril, d’abaisser, pour la septième fois depuis juin 2024, ses trois principaux taux directeurs, de 25 points de base.

À partir de mercredi 23 avril, les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal seront donc ramenés à respectivement 2,25, 2,40 et 2,65%.

Faisant état d'une décision « unanime » du Conseil des gouverneurs, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a estimé que l'économie de la zone euro faisait face à « un choc négatif de la demande » : les perturbations du commerce international, dont la portée reste incertaine, les tensions sur les marchés financiers et l'incertitude géopolitique pèsent sur les investissements des entreprises et accroissent la prudence des consommateurs.

C'est la raison pour laquelle l'impact négatif déjà réel de cette situation sur la croissance et, à l'avenir, sur le processus de désinflation en cours, ont convaincu l'institut monétaire de Francfort de baisser les taux directeurs, a indiqué Mme Lagarde. Elle a néanmoins admis que la politique monétaire de la BCE ne pouvait plus être considérée comme pénalisante pour l'économie. Le langage sur le caractère restrictif de la politique monétaire a d'ailleurs été supprimé du communiqué publié jeudi.

Interrogée sur l'évolution de la politique monétaire, Mme Lagarde a rappelé que la BCE prenait, réunion après réunion, des décisions basées sur des données actualisées, l'objectif final étant une hausse des prix durablement stabilisée à 2%. Elle a souligné plusieurs fois que le Conseil des gouverneurs devait se tenir prêt à toute éventualité ('readiness') et faire preuve d'« agilité » face à une situation mouvante.

Sur le plan économique, Mme Lagarde a noté que l’économie de la zone euro avait développé une certaine résilience face aux chocs mondiaux, même si les perspectives de croissance se sont détériorées. En février, le chômage est tombé à 6,1% de la population active dans la zone euro, soit « le niveau le plus bas depuis le lancement de l'euro », a-t-elle aussi relevé.

Néanmoins, l'ancienne directrice du FMI a considéré que « les risques à la baisse avaient augmenté », l'administration 'Trump' appliquant déjà certains tarifs douaniers transversaux.

Dans un contexte imprévisible, Mme Lagarde a préconisé une action volontariste des pays de la zone euro. « Il est encore plus urgent que les politiques budgétaires et structurelles rendent l'économie de la zone euro plus productive, plus compétitive et plus résistante ».

Elle a préconisé : - la mise en œuvre rapide de la 'Boussole pour la compétitivité' ('Competitiveness Compass') de la Commission européenne, notamment les mesures de simplification réglementaire (EUROPE 13568/1) ; - la concrétisation du projet d'union de l'épargne et de l'investissement (SIU) pour « aider les épargnants à bénéficier de plus d'opportunités d'investissement et améliorer l'accès des entreprises au financement, en particulier au capital-risque » (EUROPE 13603/5) ; - l'établissement rapide du cadre législatif destiné à faciliter l'introduction de « l'euro numérique » (EUROPE 13617/26).

La prochaine réunion décisionnelle du Conseil des gouverneurs est programmée pour jeudi 5 juin. 

Voir les décisions de politique monétaire de la BCE : https://aeur.eu/f/gh6  (Mathieu Bion)

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