Pour la première fois depuis 1979, la part des femmes élues au Parlement européen a diminué. Selon le rapport publié mercredi 16 avril par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), elles représentent 38,8% des eurodéputés depuis les élections de juin 2024, contre 40,7% en 2019.
Cette diminution constitue ainsi une bonne illustration de la difficulté à combattre les déséquilibres de genre au sein des sphères politiques, et ce à tous les niveaux de gouvernance, selon l'EIGE.
Ce constat se retrouve ainsi à l’échelle des États membres, où la représentation féminine dans les parlements nationaux reste limitée. 33,1% des sièges dans les chambres basses sont occupés par des femmes, en dépit de l’existence de quotas dans 11 pays. Seules l’Espagne, la Slovénie, la France et la Croatie atteignent ou dépassent les seuils fixés pour les élections nationales ou européennes.
En outre, le rapport démontre que, si les quotas peuvent produire des effets positifs, ils doivent toutefois, pour cela, être accompagnés de sanctions et de mécanismes qui favorisent l'accès des femmes à des sièges éligibles, préconise le rapport.
Concernant la composition des gouvernements, l'EIGE rapporte qu'en novembre 2024, les femmes n’occupaient que 33,4% des postes de ministres dans l’Union européenne. Dans plusieurs États membres, tels que la Hongrie, la Croatie, Malte et la République tchèque, leur présence reste donc marginale, et parfois même inexistante.
Et les inégalités ne diminuent pas à l’échelon local. La part des femmes dans les conseils municipaux s’élève à 34,8% en moyenne dans l’UE, un chiffre qui tombe à 29,2% si l’on exclut la France, pays qui concentre à lui seul 44% des élues recensées. Par ailleurs, les assemblées régionales affichent un taux légèrement supérieur de 36,3%.
Enfin, les partis politiques eux-mêmes peinent également à promouvoir l’égalité dans leur formation et seuls 25,8% des dirigeants de partis majeurs dans l’UE sont des femmes, malgré le constat d'une lente progression depuis 2011, quand ce chiffre s'établissait à 16%.
L'EIGE appelle, de fait, à renforcer les dispositifs existants en associant des quotas contraignants à des mécanismes efficaces comme les listes « zippées » ('zipped lists'), qui imposent une alternance stricte entre hommes et femmes sur les listes électorales et à agir d'urgence aux niveaux local et régional, sans lesquels aucun progrès ne pourra être consolidé.
Le rapport : https://aeur.eu/f/gh2 (Nithya Paquiry)