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Bulletin Quotidien Europe N° 13541
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture/commerce

Les ministres de l'Agriculture de l'UE divisés sur l'approbation de l'accord UE/Mercosur

La fin des négociations sur l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur a suscité des réactions diverses de la part des ministres européens de l'Agriculture, lundi 9 décembre à Bruxelles (EUROPE 13540/1).

Du côté des mécontents, la France, la Pologne et l'Autriche ont clairement indiqué qu'elles s'opposaient au texte de l'accord de libre-échange, tandis que l'Italie a semblé vouloir poser des conditions à son approbation.

Le ministre polonais, Czesław Siekierski, a estimé lundi, lors de son arrivée au Conseil de l'UE, que l'accord avec les pays du Mercosur ouvrait trop largement le marché aux produits agricoles de ces pays. « Cela nécessiterait des compensations importantes pour les agriculteurs afin de faire face à cette concurrence », a-t-il dit. « Nous devons établir un lien entre le volume des importations supposées autorisées dans le cadre des quotas et notre part de marché », a-t-il ajouté.

L'Irlande attend de « voir le détail du texte » en ce qui concerne les normes environnementales et les sauvegardes (réciprocité), a mis en garde le ministre irlandais, Charlie McConalogue.

Francesco Lollobrigida, le ministre italien, a estimé que l'approbation de l'accord était « conditionnée » à la fourniture de « garanties adéquates de réciprocité, de protection de nos productions et de compensation des dommages que pourraient subir les secteurs du monde agricole » européen.

La France est contre la conclusion de cet accord, a redit Annie Genevard, la ministre française. D'après elle, cet accord va avoir un fort impact sur des productions nationales comme la viande (bovine et volaille) et le sucre. En outre, cet accord « ne garantit pas la réciprocité » des normes imposées aux producteurs de l'UE. La France est aussi très opposée à la scission de l'accord, qui « priverait d'expression les parlements nationaux ».

Le ministre espagnol, Luis Planas, a dit qu'il comprenait qu'il puisse y avoir des inquiétudes, « mais si nous examinons les contingents tarifaires adoptés sur les produits agricoles sensibles, ils sont d'une dimension qui, à mon avis, ne modifie pas le marché communautaire ». Il a salué la protection de 200 produits agricoles de qualité de l'UE (AOP, IGP). En outre, « nous disposons toujours de clauses de sauvegarde qui peuvent s'appliquer aux quotas », a-t-il précisé.

Le ministre allemand, Cem Özdemir, a dit ne pas voir de menace pour les agriculteurs dans l'accord UE/Mercosur. « Nous avons veillé à ce que les intérêts des agriculteurs ne soient pas mis à mal », a-t-il assuré.

Le commissaire à l'Agriculture Christophe Hansen a souligné que l'accord avait été négocié conformément à la position des États membres, adoptée au sein du Conseil de l'UE. La Commission est prête à discuter de l'accord avec les agriculteurs, a-t-il souligné. Il n'a pas voulu confirmer l'existence ou non d'une compensation en faveur des agriculteurs.

Manifestations. Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont organisé une manifestation lundi à Bruxelles contre l'accord UE/Mercosur.

Les associations espagnoles Asaja et COAG, quant à elles, ont dénoncé l'absence de réciprocité et de clauses miroir dans cet accord et ont annoncé une manifestation le 16 décembre à Madrid pour exprimer leur malaise « face à l'absence de réponses efficaces à leurs problèmes ». (Lionel Changeur)

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