Lors de la Journée de l’Énergie 2024, évènement de l’association polonaise de l’énergie (PKEE) organisé lundi 9 décembre à Bruxelles, en amont du début de la Présidence polonaise du Conseil de l’UE le 1er janvier 2025, les membres du gouvernement polonais et la Commission européenne se sont rejoints sur l’importance d’assurer des approvisionnements énergétiques sûrs et des coûts réduits pour les consommateurs d’énergie.
Concernant l'approvisionnement, Paulina Hennig-Kloska, ministre polonaise du Climat et de l'Environnement, a déclaré qu’il fallait urgemment « fermer les marchés de l'UE aux combustibles fossiles russes » et espéré que cela puisse se faire « dans les prochains mois ». Elle a également appelé à poursuivre l’aide à l’Ukraine pour faire face aux attaques ciblées sur son infrastructure énergétique.
Parallèlement, la directrice générale de la DG ENER au sein de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen, a rappelé que le commissaire à l’Énergie, Dan Jørgensen, présentera une feuille de route pour mettre fin aux importations de combustibles fossiles russes (EUROPE 13506/12).
Elle s’est félicitée plus généralement que les priorités avancées par la Présidence polonaise coïncident avec les priorités de la nouvelle Commission, qui entame son programme de travail en même temps que celui de la Présidence.
Compétitivité industrielle. Si la sécurité énergétique figure en tête des priorités de la Présidence polonaise - qui compte également se pencher sur le renforcement de la sécurité dans une série d’autres domaines -, la compétitivité des prix de l'énergie pour les ménages et les industries européens fera également partie intégrante des discussions.
Comme l’a expliqué le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, l’Europe doit faire face aux conséquences de plusieurs « erreurs stratégiques », à savoir : – la dépendance vis-à-vis de la Russie pour ses approvisionnements en gaz naturel ; – le désinvestissement dans le secteur de l’énergie nucléaire ; – la perte de leadership concernant l’énergie solaire photovoltaïque.
Investissement dans les technologies propres. Faisant référence au rapport de Mario Draghi sur la compétitivité, M. Birol a appelé l’UE à se doter d’un plan solide, attendu lors des 100 premiers jours de la nouvelle Commission sous l’appellation 'Plan pour une industrie propre', qui devrait inclure, selon lui, une stratégie pour combler l'écart des coûts vis-à-vis des autres économies industrialisées, encourager la rétention d’industries existantes et privilégier certaines technologies ciblées.
« Nous savons que le prochain chapitre de l'industrie manufacturière appartient aux technologies de l'énergie propre. (...) L'Europe doit mieux analyser dans lesquelles de ces technologies elle a la possibilité d'être un acteur important (...), car nous ne sommes pas dans une situation favorable aujourd'hui », a-t-il reconnu.
Selon lui, les secteurs dans lesquels l’Europe pourra se montrer compétitive sont ceux de l’éolien offshore, des transformateurs pour les réseaux, des pompes à chaleur ou encore des électrolyseurs.
Dans la même veine, Nicola Pochettino, directeur de l'énergie à la Banque européenne d'investissement (BEI), a rappelé le soutien de la BEI pour favoriser le leadership de l’UE dans les technologies vertes, reconnaissant « la nécessité d’un mécanisme de partage des risques » pour débloquer les investissements privés.
« À mesure que l'énergie propre devient le principal vecteur énergétique, la BEI peut jouer un rôle important en réduisant le coût du capital des technologies propres », a-t-il affirmé. (Pauline Denys)