Les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de l’UE seront invités, lundi 2 décembre à Bruxelles, à approuver une orientation générale sur la directive relative aux stages de qualité et à adopter une série de conclusions sur le changement démographique, les pénuries de compétences et de main-d’œuvre ou l’inclusion des personnes en situation de handicap (EUROPE 13526/18).
Ils auront deux débats politiques. Le premier portera sur les 'Solutions globales aux défis démographiques : soutenir les parents et libérer le potentiel inexploité des jeunes et des personnes âgées' ; le second, sur les futures priorités en matière de politique sociale et d’emploi dans le cadre du 'Semestre européen 2025'.
Au déjeuner, ils discuteront encore de manière informelle de la façon de remédier aux manques de compétences pour assurer la transition verte et numérique vers des emplois de haute qualité.
Stages. La Présidence hongroise du Conseil de l’UE, qui n’a pas trouvé de soutien politique le 27 novembre au sein des États membres (EUROPE 13533/26), sondera les ministres sur sa proposition d’orientation générale sur la directive relative aux conditions de travail des stagiaires.
Le 27 novembre, une minorité de blocage s’était rapidement formée avec le rejet de la proposition par un nombre significatif de pays comme l’Espagne, la Slovénie, le Portugal, mais aussi l’Italie, les Pays-Bas, la Grèce, la République tchèque ou la Slovaquie, selon une source. L’Allemagne avait aussi signalé son intention de s’abstenir ce 2 décembre.
La Commission européenne avait appelé la Présidence, le 27 novembre, à ne pas soumettre ce projet d’accord à l’agenda des ministres.
Par ailleurs, les ministres adopteront un rapport de progrès sur la recommandation relative aux stages de qualité.
Démographie. Les ministres seront invités à débattre des « solutions globales aux défis démographiques », et en particulier de la façon de soutenir les parents.
D'ici 2050, la part de l'UE dans la population mondiale devrait être inférieure à 5%, écrit la Présidence. Ces tendances démographiques peuvent avoir des conséquences importantes sur la compétitivité à long terme de l'UE.
Selon la Présidence, il convient ainsi d'accorder une attention particulière au renforcement du soutien global aux parents et de travailler sur une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée et l'égalité des sexes en permettant aux parents d'exercer un travail rémunéré.
Lien vers le débat : https://aeur.eu/f/ej4
Convergence sociale. Sur ce point, les ministres prendront acte de la note d’évaluation du cadre de convergence sociale mis en œuvre à titre expérimental dans le cycle du 'Semestre européen 2024', préparée par le comité de l'emploi et le comité de la protection sociale.
Lien vers la note : https://aeur.eu/f/ejv
'Semestre européen' et priorités 'Emploi et Affaires sociales'. Alors que les ministres adopteront aussi les lignes directrices 2024 pour l’emploi et les politiques sociales, ils identifieront en parallèle, dans un débat politique, les prochaines priorités pour 2025 et seront invités à commenter les différentes tendances dans l’UE en matière d’emploi, d’éducation, de taux de pauvreté.
En ce qui concerne les grands objectifs de l'Union pour 2030, si le taux d'emploi de l'UE a atteint le niveau record de 75,3%, la participation des adultes à l'éducation et à la formation est restée bien en deçà de l'objectif de l'UE. En 2022, 46,6% des personnes âgées de 25 à 64 ans ont participé à des activités d'éducation ou de formation.
Le taux de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale a légèrement diminué pour atteindre 21,4% en 2023, mais il est resté élevé dans certains groupes vulnérables et les inégalités de revenus sont restées globalement stables tandis que le taux de privation matérielle et sociale sévère a augmenté.
Droits fondamentaux. Sur l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, les ministres de l’UE devraient adopter des conclusions sur l’intégration des personnes handicapées par l’emploi, l’aménagement raisonnable et la réhabilitation.
Ces mesures visent à réduire les écarts d’emploi et à promouvoir leur inclusion sociale, en s’appuyant sur des initiatives telles que les cartes européennes de handicap et de stationnement adoptées en octobre (EUROPE 13503/27).
Le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/ej6
Par ailleurs, des conclusions sont attendues sur la santé mentale des femmes et des filles afin d’intégrer une perspective de genre dans les politiques de santé mentale, de lutter contre les violences et les stéréotypes de genre.
Il s’agit également d’appuyer une mise en œuvre rapide des législations récentes en matière d’égalité de traitement, telles que la directive sur la transparence salariale (EUROPE 13153/13) ou celle sur la lutte contre les violences sexistes et domestiques (EUROPE 13431/33). En outre, des mesures de prévention et de soutien adaptées aux besoins spécifiques des femmes sont défendues en vue de réduire les inégalités structurelles qui menacent leur bien-être mental.
Le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/ej7 (Solenn Paulic et Nithya Paquiry)