Le Portugais António Costa, qui remplacera le Belge Charles Michel à la tête du Conseil européen à partir du 1er décembre, a repris à son compte, vendredi 29 novembre, la devise de l'Union européenne, promettant d'œuvrer inlassablement pour bâtir « l'unité » des États membres, tout en respectant « la diversité » qui enrichit le continent.
Lisbonne est ma ville, le Portugal, mon pays, et « l'Europe notre maison commune » : « Il n'y a pas de contradiction » entre ces trois éléments, a-t-il estimé lors d'une cérémonie de passation de pouvoirs avec M. Michel, en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Selon l'ancien Premier ministre portugais, l'Europe est avant tout une communauté de « valeurs » tirées de l'histoire : la dignité humaine, les droits de l'homme, l'État de droit, la protection des minorités.
« Nous aspirons tous à la paix », a ajouté M. Costa, en référence à l'agression militaire russe de l'Ukraine. « Mais la paix ne doit pas être celle (...) de la capitulation ni de la récompense de l'agresseur. Elle doit être juste, durer et se baser sur le droit international », a-t-il considéré, estimant que ce qui se joue en Ukraine, c'est le respect des principes au cœur de la Charte des Nations Unies.
Le futur président du Conseil européen souhaite que l'UE écrive « un nouveau chapitre » de son projet de paix en étant « plus forte, plus efficace, plus résiliente et, oui, plus autonome en termes de sécurité et de défense, en travaillant toujours pour des relations transatlantiques fortes ». L'élargissement de l'UE, qui ne doit pas obéir à « une ligne de temps artificielle », doit aussi constituer un projet géopolitique, a-t-il ajouté.
M. Costa a également défendu une Europe capable de construire des ponts au niveau international. « Nous devrions abandonner les références au 'Sud global' ou au 'Nord global'. L'action extérieure de l'Union doit reconnaître que le Sud et le Nord sont pluriels. L'UE doit être un partenaire global » agissant pour la paix et se faisant la championne de causes comme la lutte contre la pauvreté, les dérèglements climatiques, la protection des océans, a-t-il indiqué.
Enfin, d'après le socialiste portugais, l'UE a toujours été ancrée dans « la promesse d'une prospérité partagée ».
Évoquant les rapports 'Draghi' sur la compétitivité européenne et 'Letta' sur le marché intérieur ainsi que la 'Déclaration de Budapest' des Ving-sept (EUROPE 13521/2), M. Costa a préconisé de parachever le marché unique.
Nous devons démontrer aux citoyens que nous sommes en mesure de répondre à leurs inquiétudes, comme « le logement, la migration, le vieillissement et le climat », a-t-il conclu.
M. Costa souhaite organiser des séminaires informels sur des thèmes spécifiques tout au long de son mandat de deux ans et demi (EUROPE 13534/20). Le premier séminaire aura lieu en février et sera consacré à la défense, en présence du Secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et du Premier ministre britannique, Keir Starmer.
Voir le discours de M. Costa : https://aeur.eu/f/ek9 (Mathieu Bion)