Le centre de réflexion Bruegel examine, dans une analyse publiée mardi 26 novembre, les lacunes qui subsistent dans la tarification des émissions des industries de l'UE à forte consommation d'énergie.
Afin de les protéger de la concurrence étrangère, qui n’est pas soumise à la tarification du carbone, ces industries ont bénéficié de quotas gratuits, dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission de l’UE (ETS). L’analyse souligne que cette situation « a créé des distorsions sur le marché » et a ralenti « la progression de la réduction des émissions industrielles ».
Toutefois, cette échappatoire majeure pour ces industries arrivera bientôt à son terme puisque la réforme de l'ETS de 2023 met fin à la gratuité des quotas de carbone pour certains produits pour les industries à forte intensité énergétique, les exposant totalement à la tarification du carbone d'ici 2034.
Néanmoins des défis subsistent. Les exportateurs de l'UE sont ainsi confrontés à une concurrence mondiale sans tarification équivalente du carbone.
De plus, la couverture limitée des produits dans le cadre du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) peut inciter des producteurs à se délocaliser en dehors de l'UE et exporter dans l'UE des produits situés plus en aval dans la chaîne de valeur et qui ne sont pas soumis au CBAM.
Des subventions inégales entre les régions peuvent en outre fausser le marché unique de l'UE.
Les solutions politiques consistent, selon Bruegel, à donner la priorité aux subventions à l'exportation, à faire progresser la tarification du carbone au niveau mondial, à harmoniser les aides d'État et à mettre en commun les subventions au niveau de l'UE.
L'analyse : https://aeur.eu/f/ek2 (Pauline Denys)