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Bulletin Quotidien Europe N° 13517
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POLITIQUES SECTORIELLES / BiodiversitÉ

La COP16 sur la biodiversité suspendue avant l'obtention d'un accord sur les objectifs de mise en œuvre et de financement

Les négociations finales n'ont pas abouti à Cali, en Colombie, dans la nuit du 2 novembre, en clôture de la COP16 sur la biodiversité. Les 196 parties prenantes ne sont pas parvenues à un accord sur le cadre de suivi à adopter pour mettre en œuvre, d'ici 2030, les engagements de Kunming-Montréal, ainsi que sur le volet financier. Il s'agissait des deux enjeux principaux de cette COP16. 

Plusieurs ministres européens responsables de l'Action pour le climat et de l'Environnement ont déploré l'absence d'accord. « Personne ne peut être satisfait de ce résultat », a estimé par exemple la ministre autrichienne, Léonore Gewessler, sur le réseau social X. De son côté, la ministre française, Agnès Pannier-Runacher, est repartie « préoccupée » de Cali. Toutes deux saluent malgré tout des avancées, mais regrettent l'absence de décision officielle, la COP16 ayant été suspendue en l'absence de quorum. Selon la Commission européenne, « la COP a manqué de temps pour achever les discussions sur le déficit de financement de la biodiversité ».

Le fonds de Cali a été créé. Avec ce fonds, les entreprises qui développent, par exemple, de nouveaux médicaments grâce au séquençage des ressources génétiques issues de la biodiversité devront partager une partie de leurs recettes avec les pays d'origine de cette biodiversité. Ce mécanisme « garantit que les entreprises qui tirent profit de la nature contribuent équitablement à la conservation de la biodiversité », a déclaré Kirsten Schuijt, directrice générale du WWF International. La moitié du fonds sera allouée aux communautés autochtones et locales. Cette décision a l'avantage, selon le WWF, de « permettre à ces communautés, notamment aux femmes et aux jeunes, de participer enfin aux bénéfices ». Les modalités de versement n'ont pas encore été finalisées. 

L'UE s'est engagée à doubler son financement externe de la biodiversité. « La discorde entre les pays donateurs et les pays en développement peu avant la suspension de la réunion n'est malheureusement pas surprenante », selon Bernadette Fischler Hooper, responsable du plaidoyer international au WWF-Royaume-Uni. Cependant, l'absence d'accord risque de pénaliser la « réalisation des objectifs 2030 en matière de protection de la nature », a-t-elle déploré. Le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité s'élève actuellement à « 407 millions de dollars », note le WWF, alors que 200 milliards de dollars par an sont attendus d'ici 2030. 

De son côté, l'UE a confirmé qu'elle doublerait le financement extérieur en faveur de la biodiversité, le portant à 7 milliards d'euros. Cet engagement passe par une série de nouvelles initiatives. 69 millions d'euros seront dédiés, par exemple, au renforcement des capacités et des connaissances en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, pour que les pays partenaires puissent mobiliser davantage de financements. Par ailleurs, 48 millions d'euros serviront à financer un nouveau programme de l'UE sur le trafic illégal d'espèces sauvages et 40 millions d'euros soutiendront les pays partenaires de l'UE « dans leurs efforts de conservation et de gestion durable de la biodiversité en haute mer ». Comme le Comité consultatif international sur les crédits biodiversité, l'UE défend la création d'une certification biodiversité et de crédits nature (EUROPE 13515/14).

La session plénière « reprendra à une date et dans un lieu définis ultérieurement pour compléter l'ordre du jour », a précisé la Convention sur la biodiversité biologique. (Florent Servia)

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