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Bulletin Quotidien Europe N° 13491
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La neutralité climatique de l'UE d'ici 2040 est possible avec un système énergétique uniquement basé sur les énergies renouvelables, selon CAN Europe

Dans un nouveau rapport, le réseau d’ONG environnementales CAN Europe a dévoilé, jeudi 26 septembre, un nouveau scénario énergétique, qui démontre que l’UE peut atteindre la neutralité climatique d’ici 2040 et être aligné sur l’objectif climatique de l’Accord de Paris.

Lors d’un événement de lancement, le 26 septembre, le secrétaire d'État allemand au ministère fédéral de l'Économie et de la Protection du Climat, Sven Giegold, a expliqué que « seule une attention particulière portée à l'essor des énergies renouvelables et à l'extension du réseau peut ouvrir la voie à une économie et une industrie européennes compétitives et durables ».

Ce ‘Paris Agreement-Compatible (PAC) 2.0 scenario’, financé par le ministère allemand, est effectivement guidé par un objectif de 100% d’énergies renouvelables d’ici 2040 dans le système énergétique européen ainsi qu’au moins 65% de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (comparé aux niveaux de 1990) et la neutralité carbone d’ici 2040.

Ces objectifs sont plus ambitieux que ceux avancés par la Commission européenne dans sa communication sur l’objectif climatique 2040, qui table sur une réduction de 90% des émissions d’ici 2040 (EUROPE 13344/1).

« Le fait d'atteindre la neutralité 10 ans plus tôt, en 2040, permet d'éviter des émissions totales de 16,5 Gt CO2e, ce qui représente une diminution de 37,5% des émissions par rapport à un scénario 2050 moins ambitieux », précise le rapport.

118 GW de renouvelables chaque année d’ici 2040. De plus, le coût de la transition serait moins élevé, selon les chiffres avancés : atteindre la neutralité climatique d'ici 2040 impliquerait des besoins d'investissement bruts totaux de 28,9 billions d'euros, « soit 4,3 billions en moins » que la réalisation du scénario énergétique 2050 de l'UE, a précisé Dimitris Tsekeris, auteur de l’étude et chef de projet pour CAN Europe.

Basé sur une réduction de la consommation (de 51,3% d’énergie primaire d’ici 2040 par rapport aux projections 2020 de PRIMES EU), le scénario vise plusieurs secteurs clés, en particulier le système électrique, les bâtiments, l’industrie et les transports.

Il demande, entre autres, d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables, pour atteindre jusque 118 GW chaque année d’ici 2040, de tripler le taux annuel de rénovation des bâtiments de 3% d’ici 2030 ou encore que chaque nouveau véhicule soit électrique d’ici 2030.

De plus, le scénario inclut un développement important des réseaux électriques, une augmentation du stockage de l’énergie, la flexibilité du côté de la demande et l'amélioration de la flexibilité du système.

M. Giegold a rappelé que l’Allemagne et la France avaient appelé conjointement la Commission européenne à renforcer toutes les mesures de flexibilité dans le secteur de l'énergie.

Dans ce sens, Paula Rey Garcia, chef d'unité adjointe à la DG Énergie de la Commission européenne, a déclaré, lors d’un panel consacré aux énergies renouvelables, qu'il était effectivement nécessaire d'exploiter la flexibilité du système, « si nous voulons continuer à éliminer progressivement les combustibles fossiles ».

Si le scénario inclut bien le rôle de l’hydrogène (uniquement produit par électrolyse avec de l'électricité renouvelable), le rapport n’envisage pas la poursuite de l’énergie nucléaire, jugée « dangereuse et peu économique », et suggère même une sortie définitive du nucléaire d’ici 2040.

Pour voir le rapport : https://aeur.eu/f/dlp  (Pauline Denys)

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