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Bulletin Quotidien Europe N° 13479
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les ministres européens défendent une politique agricole commune forte et réactive après 2027

István Nagy, le ministre hongrois de l'Agriculture, qui a présidé mardi 10 septembre à Budapest la réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture, a insisté sur le besoin de maintenir une politique agricole commune (PAC) forte après 2027 pour « assurer le développement de l'agriculture européenne et garantir la sécurité alimentaire ».

La Présidence hongroise du Conseil de l'UE a ainsi lancé, lors de cette réunion informelle, la réflexion sur la PAC après 2027, pour aider la Commission européenne dans la préparation des propositions sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE. La Hongrie soumettra en octobre ou en novembre aux ministres de l'Agriculture de l'UE un projet de conclusions sur la PAC post-2027 (EUROPE 13477/3).

Lors du tour de table, les ministres ont salué un débat à point nommé sur l'avenir de l'agriculture.

Plusieurs ministres ont souligné l'importance de disposer d'une PAC forte, de maintenir le modèle actuel de mise en œuvre et de garantir un revenu décent et des conditions équitables aux agriculteurs.

La simplification et la flexibilité, des exigences moins strictes en matière de 'rapports' et la réduction de la charge administrative ont également été évoquées comme des questions importantes par plusieurs ministres.

Pour István Nagy, les ministres ont réclamé un système de paiement simplifié. Il a souligné le besoin de simplifier les plans stratégiques mettant en œuvre la PAC, notamment pour « faciliter leur modification » en cas de besoin (crise, catastrophe naturelle...)

Pacte vert européen. Un équilibre doit être trouvé entre les différentes normes, règles et le maintien de la compétitivité des agriculteurs, estime M. Nagy. « Les agriculteurs ne sont pas la cause des catastrophes naturelles, mais les victimes », a-t-il insisté. Dans la lutte contre le changement climatique, les agriculteurs doivent bénéficier d'un soutien afin de pouvoir se protéger des catastrophes, selon le ministre hongrois. 

Norbert Totschnig, le ministre autrichien, a déclaré, dans le contexte du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE, qu’il était important d’avoir « une continuité dans les programmes » et de conserver les fonds de la PAC (en les revoyant à la hausse, toutefois, pour tenir compte de l'inflation). Le ministre autrichien a plaidé en faveur d’un « contrôle de l'état de santé » des mesures découlant du 'Pacte vert européen', « permettant de réduire la bureaucratie ».

Pour la France, davantage d'investissements sont nécessaires pour la transition écologique et les incitations valent mieux que des sanctions et des règles trop contraignantes.

Le loup. Norbert Totschnig a invité les ministres européens de l’Environnement à lancer la discussion sur la proposition visant à abaisser le statut de protection du loup, une proposition qu’il soutient, tout comme plusieurs ministres européens de l’Agriculture (EUROPE 13410/20). La Finlande et la Suède ont soutenu la requête autrichienne. 

Richard Takáč, le ministre slovaque, a évoqué les grands défis à relever, « y compris dans le contexte de l'adhésion potentielle de l'Ukraine à l'Union européenne, qui entraînerait un changement majeur dans l'activité agricole à travers l'Europe et dans la redistribution des subventions ».

Chaîne de valeur. Le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), Peter Meedendorp, a prôné « une approche équilibrée de la chaîne de valeur, favorisant des conditions décentes pour les agriculteurs ». « La PAC doit participer au rééquilibrage de notre position dans la chaîne de valeur en renforçant la coopération entre agriculteurs et en améliorant les mesures de marché », a-t-il défendu.

Gestion des crises. Comme certains ministres de l’Agriculture, Peter Meedendorp a défendu la mise en place d’un cadre de gestion des crises « solide » pour renforcer la résilience du secteur agricole.

La majorité des ministres a demandé d'étendre les outils de prévention et de gestion des risques et de renforcer l'assurance agricole, a confirmé István Nagy.

La Finlande a estimé que les plans stratégiques de la PAC devraient inclure un « élément obligatoire » pour développer les outils de gestion de crise au niveau des États membres. Une petite partie des fonds de l'enveloppe nationale de la PAC pourrait également être affectée à la gestion des crises, selon cette délégation.

La Slovénie et la Croatie ont proposé l'introduction d'un mécanisme ad hoc de réponse aux crises dans le cadre des plans stratégiques. Ce mécanisme volontaire permettrait aux États membres d'agir rapidement et d'alléger la charge qui pèse sur la réserve agricole.

L'Autriche et d'autres pays, dont la France, ont jugé importants les systèmes d'assurance financés par les États membres. Le financement de la réserve agricole en cas de crise doit continuer à être assuré par le budget de l'UE et ne doit pas se traduire en une réduction des paiements directs, selon plusieurs délégations. L'Espagne et d'autres ont demandé une hausse du budget de la réserve en cas de crise. (Lionel Changeur)

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