Les sociaux-démocrates européens ont mis publiquement la pression, mardi 10 septembre, sur la présidente réélue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin que celle-ci tienne compte de leurs demandes concernant la constitution du prochain Collège des commissaires européens.
Si nos attentes suivantes ne sont pas prises en compte, il sera « très difficile, même impossible » pour les eurodéputés sociaux-démocrates de soutenir la future équipe de Mme von der Leyen, ont déclaré le président du 'Parti des socialistes européens' (PSE), Stefan Löfven, et la présidente du groupe S&D au Parlement européen, Iratxe García Pérez, dans un communiqué.
Ces attentes sont les suivantes : - renforcer le processus des candidats têtes de liste ('Spitzenkandidaten') ; - garantir l'équilibre hommes/femmes ; - mettre l'accent sur les droits sociaux et les placer sous la supervision d'une personnalité expérimentée ; - assurer au sein de la Commission une répartition équitable des postes de vice-présidents exécutifs qui reflète la majorité au sein du PE.
En tant que deuxième force politique au Parlement, « notre soutien n'a jamais été un chèque en blanc », a mis en garde M. Löfven. Selon lui, écarter de la composition du futur Collège le Luxembourgeois Nicolas Schmit, qui était le 'Spitzenkandidat' du PSE aux élections européennes de juin, aurait pour conséquence de rompre avec la pratique - établie depuis 2014 et la mise sur pied du processus des 'Spitzenkandidaten' - selon laquelle les candidats têtes de liste jouent, après les élections européennes, un rôle à la hauteur du poids relatif de leur famille politique.
N'ayant pas obtenu de Mme von der Leyen d'assurances préalables que M. Schmit deviendrait le 'numéro 2' de la Commission avec un portefeuille en conséquence, le gouvernement luxembourgeois a nommé le chrétien-démocrate Christophe Hansen (EUROPE 13475/15).
« L'absence de Nicolas Schmit est inacceptable, alors qu'il a été notre 'Spitzenkandidat'. Et l'argument selon lequel il ne serait pas du même bord politique que le Premier ministre luxembourgeois ne tient pas, puisque Mme von der Leyen n'est pas du même bord politique que le chancelier allemand, Olaf Scholz », a déclaré Jean-Marc Germain (S&D, français) à quelques journalistes.
M. Löfven s'est également inquiété qu'un commissaire européen issu des conservateurs européens, en l'occurrence l'Italien Raffaele Fitto, soit en mesure d'obtenir un poste de vice-président exécutif.
Mardi, le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, a indiqué que Mme von der Leyen ne présenterait pas sa future équipe à la Conférence des présidents (CoP) des groupes politiques du PE mercredi 11 septembre. Un nouveau rendez-vous a été fixé à mardi 17 septembre à Strasbourg, en marge de la session plénière du Parlement.
Pour expliquer ce report, M. Mamer a évoqué la nécessité, pour la Slovénie, d'attendre l'avis du Parlement slovène, programmé pour vendredi 13 septembre, pour officialiser la nomination de sa nouvelle candidate au poste du commissaire européen, Marta Kos (EUROPE 13478/24).
Au Parlement européen, le processus d'organisation des auditions des commissaires européens désignés ne démarrera officiellement qu'après que Mme von der Leyen aura transmis aux eurodéputés les déclarations d'intérêts financiers et les lettres de mission. (Mathieu Bion avec Florent Servia)