Le président du Comité européen des régions (Cdr), Vasco Cordeiro, a estimé, lundi 9 septembre, que certains éléments de la politique de cohésion après 2027 devaient être modifiés, tandis que certains de ses principes sont à conserver.
L’UE a besoin d’une politique de cohésion, a défendu le président du CdR devant la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen.
« Pour nous, ce qui doit être conservé, c’est une politique pour toutes les régions. Ce n’est pas une politique de charité, car elle renforce la capacité des régions à relever les défis. La politique de cohésion doit être adaptée à la situation de chaque groupe de régions », a déclaré Vasco Cordeiro. Il a insisté sur le besoin de conserver et renforcer certains principes (gouvernance multiniveaux, partenariat) et de conserver une politique de long terme, avec des mécanismes en cas de circonstances extraordinaires.
Parmi les réformes à entreprendre, il a cité la simplification à tous les niveaux (gestion, bénéficiaires, audits) et « un cadre plus simple (unique) pour les fonds selon la gestion partagée ». Le CdR n’est pas opposé à un lien renforcé entre la politique de cohésion et les réformes ('Semestre européen'), mais il faut faire attention de ne pas pénaliser des régions (suspension des fonds) si un gouvernement national ne met pas en œuvre les réformes promises, a mis en garde M. Cordeiro. Il a donc plaidé pour une approche fondée sur le lieu (place-based approach) pour déterminer les responsabilités des régions et des gouvernements.
Le président du CdR a critiqué le débat habituel sur les bénéficiaires et contributeurs nets, au motif que tout le monde, même les régions les plus développées, bénéficie de la politique de cohésion (EUROPE 13477/2).
Andrey Novakov (PPE, bulgare) a aussi fustigé le débat sur le ‘juste retour’ et réclamé une politique en faveur de toutes les régions. Marcos Ros Sempere (S&D, espagnol) a défendu une politique de cohésion réformée avec un budget post-2027 « solide et stable ».
« La politique de cohésion est plus que jamais nécessaire », a estimé la commissaire à la Cohésion, Elisa Ferreira, en faisant référence aux nombreux défis structurels qui attendent l’UE (transition verte, révolution numérique...). « Sans une politique de cohésion forte, nous risquons d'assister à une augmentation des disparités et de voir certaines régions laissées pour compte », d'après la commissaire. (Lionel Changeur)