En visite au Caire, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a souligné, mardi 10 septembre, les « solides relations bilatérales » entre l’UE et l’Égypte.
« Depuis ma dernière visite (il y a un an, NDLR), le partenariat s’est renforcé et a été élevé au rang de partenariat stratégique et global, mais malheureusement, la situation régionale continue de se détériorer tant en termes de tragédies humaines que de risques sécuritaires. Non seulement à l’est avec la Palestine et le Liban, mais aussi à l’ouest avec la Libye et au sud avec le Soudan », a résumé M. Borrell devant les médias, aux côtés du ministre égyptien des Affaires étrangères, de l'Émigration et des Expatriés, Badr Abdelatty.
M. Borrell a rappelé que l’UE avait annoncé en juin un programme financier pour aider Le Caire et organisé, avec l’Égypte, une conférence sur l'investissement qui a permis de signer une trentaine d’accords pour un montant proche des 50 milliards d’euros.
« Nous continuerons à soutenir l’Égypte dans sa reprise économique, en offrant une assistance dans la mise en œuvre des réformes indispensables, notamment dans la mise en œuvre de la stratégie nationale des droits de l’homme », a-t-il promis.
Rappelant l’impact sur les finances de l'Égypte des attaques des Houthis contre la navigation en mer Rouge, M. Borrell a expliqué que l’UE serait aux côtés du pays par le biais d’investissements et d’un soutien économique et financier.
M. Borrell a aussi soutenu les efforts égyptiens pour un cessez-le-feu à Gaza (voir autre nouvelle).
Flux migratoires. La veille, au Caire, Ylva Johansson, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, et Badr Abdelatty avaient discuté des moyens d'approfondir la coopération dans le domaine de la migration, selon un communiqué commun.
La commissaire a salué « les efforts fructueux déployés par l'Égypte pour prévenir la migration irrégulière et contrôler ses frontières, notamment en empêchant le départ de navires transportant des migrants irréguliers depuis l'Égypte à travers la mer Méditerranée depuis septembre 2016 et en menant des opérations de recherche et de sauvetage pour sauver des vies en mer ». Elle a aussi salué les efforts déployés par l'Égypte pour accueillir plus de neuf millions de migrants, de réfugiés et de demandeurs d'asile de différentes nationalités.
« Je voudrais commencer par reconnaître ce que l'Égypte fait depuis de nombreuses années, en étant capable d'accueillir des réfugiés et de les intégrer dans la société. Vous avez accueilli récemment un nombre assez élevé de Soudanais et je comprends qu'il s'agit d'un défi particulier, surtout si l'on tient compte de la pression économique à laquelle vous êtes également confrontés. Je pense que nous avons beaucoup à gagner en travaillant ensemble sur le thème de l'immigration », avait ainsi déclaré la commissaire, lundi 9 septembre, lors d’un point presse conjoint.
Le ministre égyptien, quant à lui, a souligné l'importance « de faciliter les voies d'accès à la migration régulière et de sensibiliser aux dangers de la migration irrégulière ainsi que de renforcer la coopération en vue de développer l'éducation et la formation professionnelle et technique afin d'améliorer les compétences et l'employabilité, de créer des possibilités d'emploi et de faciliter la mobilité vers l'UE ».
Les deux parties ont encore étudié les possibilités de renforcer la coopération entre les autorités nationales égyptiennes et les agences de l'Union européenne chargées des affaires intérieures et discuté des questions liées aux retours.
Sur la coopération inter-agences, « nous sommes sur le point de signer un accord de travail entre l'UE et l'Égypte pour Europol, qui contribuera également à la lutte contre les passeurs et à la sécurité », a notamment indiqué la commissaire. (Camille-Cerise Gessant et Solenn Paulic)