L’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne entraînerait un bouleversement de la Politique agricole commune (PAC), d’après une étude publiée jeudi 27 juin, réalisée par l’Institut de développement durable et de relations internationales (IDDRI) basé à Paris.
Comme l’écrit l’IDDRI, il est « peu probable que l’élargissement puisse avoir lieu, à terme, sans réforme substantielle de cette politique ». Au vu de la baisse du budget de la PAC ces dernières années, à moins d’une augmentation de ce dernier, une réforme serait nécessaire afin de rendre la Politique agricole commune suffisamment efficace.
Grâce à sa surface agricole utile (SAU) immense, qui conditionne les aides, l’Ukraine deviendrait, à politique inchangée, la première bénéficiaire de la PAC avec entre 10 et 12 milliards d’euros par an. Une réforme du système d’allocation des aides de la PAC, notamment du 'Fonds européen agricole de garantie' (FEAGA), permettrait de minimiser l'impact budgétaire de l'élargissement à l'Ukraine, estiment les chercheurs. Et d'ajouter : « Réformer la clé de répartition du FEAGA constituerait une opportunité majeure pour repenser fondamentalement la manière dont cette politique est utilisée pour répondre à des objectifs environnementaux et sociaux, en plus d’objectifs économiques pour le secteur agricole ».
Au-delà d’une réforme de la PAC, l’adhésion de l’Ukraine modifierait les équilibres politiques au sein de l’Union. En tant que 5e pays le plus peuplé dans l’UE, l’Ukraine aurait un pouvoir de vote important au Conseil de l’UE. Une telle situation renforcerait la volonté française et allemande d’une réforme du vote au Conseil, estime l'IDDRI. De plus, l’agriculture occupant une place prépondérante dans l’agenda de Kiev, elle gagnerait aussi en importance dans l’agenda européen.
Néanmoins, selon les experts de l'institut, l’entrée de l’Ukraine dans l’UE représente aussi des avantages pour cette dernière, puisque cela renforce son statut de puissance normative et son autonomie protéique. De plus, le processus d’association est en cours depuis 2014 et les récents événements ne font que rapprocher l’échéance de bouleversements prévisibles, notamment en termes de concurrence au sein du marché agricole intérieur.
Voir l'étude de l'IDDRI : https://aeur.eu/f/cvf (Paul Charles - Stagiaire)