Situation internationale oblige, la Hongrie a fait de la défense une priorité de sa présidence du Conseil de l’UE, au second semestre 2024, et souhaite travailler sur le renforcement de la politique européenne en la matière.
« L'Europe doit améliorer considérablement ses capacités de défense, sa réactivité à la gestion des crises internationales et ses capacités », souligne le programme de la Présidence.
Selon Budapest, au-delà des alliances et de la coopération en matière de politique de défense, y compris un renforcement de la coopération avec l’OTAN, l’UE doit jouer un rôle plus important pour garantir sa propre sécurité « en renforçant sa résilience et sa capacité d’action ».
La Présidence compte donc mettre un accent particulier sur le renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne, « y compris l’innovation en matière de défense et le renforcement de la coopération en matière d’acquisition de défense entre les États membres, au-delà de la mise en œuvre de la 'Boussole stratégique' ».
Une attention particulière sera portée à la « représentation cohérente » des objectifs fixés dans la stratégie industrielle européenne de défense (EDIS), « en particulier à l'expansion des options de financement et des capacités de production, à une meilleure sécurité d'approvisionnement ainsi qu'à une rapide commercialisation des résultats de la recherche, du développement et de l’innovation ». Elle entend également faire avancer les tâches législatives liées au programme européen de l'industrie de défense (EDIP).
Pour renforcer l'efficacité du développement des capacités militaires européennes, la Présidence veut « maximiser le potentiel des initiatives de défense existantes de l’UE ». Elle souhaite promouvoir une réflexion stratégique sur l'avenir de la coopération structurée permanente (PESCO) et sur l’avenir du Fonds européen de défense (FED).
De plus, la Présidence hongroise du Conseil de l'UE entend se pencher sur le renforcement des capacités militaires de réponse et de gestion des crises de l’UE. « La mise en place de la capacité de déploiement rapide de l’UE et du système de commandement et de contrôle correspondant sont des éléments clés à cet égard », précise la Présidence, qui veut soutenir l'organisation régulière d'exercices conjoints en proposant un exercice national, « car ceux-ci favorisent l'interopérabilité entre les forces armées des États membres et le développement de mécanismes de prise de décision ».
Pour la Hongrie, il est prioritaire d’assurer la stabilité des Balkans occidentaux et de la région du Sahel par le biais de missions militaires de l'UE, de coopération et de dialogues axés sur la sécurité et d'un soutien par le biais de la 'Facilité européenne pour la paix'.
« La Présidence hongroise a également pour priorité d'améliorer la durabilité de la 'Facilité européenne pour la paix', de maintenir l'équilibre géographique de l'instrument et d'achever sa révision », précise le programme. La Hongrie bloque actuellement sept décisions pour permettre de débloquer 6,6 milliards d’euros de remboursement aux États membres pour soutenir l’Ukraine.
Voir les priorités : https://aeur.eu/f/crs (Camille-Cerise Gessant)