Les élections européennes du 6 au 9 juin, marquées par une poussée de l'extrême droite dans plusieurs pays, ont provoqué un séisme politique en France, sans pour autant bouleverser les grands équilibres politiques au sein de l’hémicycle strasbourgeois.
Les estimations de lundi 10 juin ont confirmé une progression des droites nationalistes et radicales en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche, en Grèce et aux Pays-Bas et un revers cuisant pour les dirigeants des deux premières puissances de l'UE, le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le président français, Emmanuel Macron, qui a annoncé une dissolution de l'Assemblée nationale française.
La ‘grande coalition’ centriste de la droite (PPE), des sociaux-démocrates (S&D) et des centristes (Renew Europe), au sein de laquelle se forgent pas mal de compromis, devrait conserver la majorité.
Les dernières projections du 10 juin (16h20) montrent que le PPE décrocherait 186 sièges (+10 comparé au PE sortant), le groupe S&D 135 (-4) et Renew Europe 79 (-23), soit 400 sièges sur les 720 que compte le PE. Le groupe Verts/ALE perdrait 19 sièges (total de 53). Le groupe CRE compterait 73 sièges (+4), ID 58 (+9) et La Gauche 36 sièges (-1).
En Allemagne, l'extrême droite AfD est créditée de la deuxième place (15 eurodéputés dans le groupe NI) avec 16% des voix, derrière les conservateurs CDU-CSU (29 sièges), loin devant les partis de la coalition au pouvoir, sociaux-démocrates (14 sièges) et Verts (12 sièges).
En Autriche, le FPÖ sort victorieux du scrutin (6 sièges au PE), et les Néerlandais ont nettement renforcé le parti d'extrême droite de Geert Wilders (6 sièges au PE).
En Pologne, le parti centriste pro-européen de Donald Tusk (21 sièges au PE) est arrivé devant le parti nationaliste populiste Droit et Justice (PiS), mais celui-ci conserve un score élevé (20 sièges) et l'extrême droite de Konfederacja enverra six eurodéputés.
L'extrême droite reste divisée au PE en deux groupes (ID et CRE), dont le rapprochement reste très incertain en raison de leurs importantes divergences, en particulier sur la Russie. Il faut aussi compter les gains de certaines forces parmi les non-inscrits (NI), comme l'AfD et le parti Fidesz du Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orbán, qui arrive en première position (10 sièges), mais enregistre un recul par rapport à 2019. 7 sièges au PPE sont prévus pour les représentants hongrois de TISZA.
Dernières estimations : https://aeur.eu/f/CL0 (Lionel Changeur)