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Bulletin Quotidien Europe N° 13428
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Isabel Schnabel réfute l'existence d'une situation de domination budgétaire en zone euro

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a réfuté, vendredi 7 juin, dans un discours au Stiftung Geld und Währung, l’existence d’une situation de « dominance budgétaire » sur la politique monétaire en zone euro. Ainsi, elle a contredit les assomptions de certains observateurs selon lesquelles la politique monétaire est subordonnée à la politique budgétaire et tournée vers l’amélioration des conditions de financement des États.

Au contraire, selon Mme Schnabel, l’action déterminée menée par la BCE afin de poursuivre son mandat de maintien de la stabilité des prix par les hausses de taux et la réduction de son bilan vient prouver la prééminence de la politique monétaire.

Elle a estimé que la BCE est parvenue à éviter la fragmentation au sein de la zone euro, sans brouiller l'effet disciplinaire des marchés financiers.

Par ailleurs, elle estime qu'il ne faut pas interpréter l’absence de creusement des écarts de taux des obligations souveraines (spreads), après les hausses de taux directeurs, comme un signe que la BCE maintiendrait les primes de risque à un niveau artificiellement bas en soutenant les obligations souveraines d'États très endettés.

Elle a estimé également que la flexibilité du programme d'achats d'urgence PEPP n’a été utilisée que temporairement pour prévenir l'évolution désordonnée des obligations souveraines au début des hausses de taux. Elle a précisé que les écarts par rapport à la clé de répartition du capital de la BCE sont restés limités.

Isabel Schnabel a expliqué le niveau peu élevé des primes de risque notamment par l'appétence pour le risque des investisseurs sur les marchés financiers mondiaux.

Par ailleurs, elle a estimé que l’instrument de protection de la transmission de la politique monétaire TPI (EUROPE 12998/13) marquait une prédominance monétaire. Selon elle, le TPI, ciblé et conditionnel, a permis à la BCE d'engager les hausses de taux tout en préservant, par des garde-fous (l’instrument ne pourrait pas être activé, le cas échéant, pour contrer des tensions persistantes dues aux fondamentaux d’un État), la discipline des marchés.

Enfin, Mme Schnabel, qui s'est inquiétée des niveaux d'endettement de certains États, a estimé que le meilleur garant contre la prédominance budgétaire était une politique budgétaire qui permette de profiter des conjonctures favorables pour consolider les finances publiques et qui priorise investissements et réformes structurelles. Elle a indiqué que le nouveau cadre de gouvernance économique européen permettrait cet équilibre.

Plus d'informations : https://aeur.eu/f/clb (Émilie Vanderhulst)

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