Quelques minutes après l'adoption par le Parlement géorgien de la loi sur la transparence de l'influence étrangère, le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, mardi 28 mai, les autorités géorgiennes à revenir sur la voie européenne, rappelant que l'UE était aux côtés du peuple géorgien, lequel s'était prononcé à « une écrasante majorité en faveur d’un avenir européen pour le pays ».
Regrettant profondément que le Parlement géorgien ait ignoré le veto de la présidente géorgienne et l'avis de la Commission de Venise du Conseil de l'Europe (EUROPE 13414/19), M. Borrell a rappelé que la promulgation de la loi constituait un retour en arrière sur « au moins trois des neuf critères » - sur la désinformation, sur la polarisation, et sur les droits fondamentaux et l'implication des organisations de la société civile - énoncés dans la recommandation de la Commission européenne concernant le statut de pays candidat à l'UE de la Géorgie (EUROPE 12978/1).
Cette loi aura « un impact négatif sur la voie européenne de la Géorgie », a prévenu le Haut Représentant. Il a également estimé que l’attention politique mobilisée jusqu’à présent était insuffisante pour progresser substantiellement sur les neuf critères.
« Nous exhortons les autorités géorgiennes à inverser cette tendance et à revenir résolument sur la voie de l’UE. Il est encore temps de changer la dynamique, mais un engagement fort de la part des autorités gouvernementales est nécessaire », a-t-il mis en garde.
M. Borrell a également prévenu que l'UE et ses États membres envisageaient toutes les options pour réagir à ces évolutions (EUROPE 13417/5). (Camille-Cerise Gessant)