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Bulletin Quotidien Europe N° 13395
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Ukraine, Moyen-Orient et Soudan au menu du Conseil des ministres européens des Affaires étrangères ce lundi

Les ministres des Affaires étrangères se retrouveront lundi 22 avril à Luxembourg pour parler, une nouvelle fois, de la situation en Ukraine et au Moyen-Orient, quelques jours après leurs dirigeants (EUROPE 13393/1, 13393/2), mais aussi du Soudan.

Ukraine. Les ministres des Affaires étrangères, rejoints par leurs collègues de la Défense, discuteront de l’agression de la Russie contre l’Ukraine et des moyens de soutenir Kiev, à la suite d’un échange de vues informel en visioconférence avec les ministres ukrainiens des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, et de la Défense, Rustem Umerov.

La discussion devrait principalement porter sur le soutien militaire à l’Ukraine, qui subit d’importantes attaques aériennes et qui perd du terrain sur la ligne de front. Kiev appelle depuis plusieurs semaines à recevoir plus de défense antimissile et des munitions supplémentaires (voir autre nouvelle).

Mardi 16 avril, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a espéré que les États membres prendront des engagements « fermes et concrets » à cet égard, expliquant qu’il fallait accélérer et renforcer la défense aérienne de l’Ukraine. Plusieurs États membres possèdent des batteries Patriot, mais, selon des sources, il faut qu'ils trouvent un équilibre difficile entre envoyer des systèmes à l’Ukraine et assurer leur propre protection. Selon une source européenne, aucune annonce n’est à attendre de la réunion.

Les ministres devraient aussi discuter de l’état de préparation de l’industrie de la défense européenne, après la présentation par la Commission et le Haut Représentant de la stratégie et du programme européens pour l’industrie de la défense (EDIS et EDIP) et en amont du Forum industriel de défense UE-Ukraine, le 6 mai à Bruxelles.

Les ministres pourraient aussi discuter des engagements de sécurité de l’UE envers l’Ukraine, parmi lesquels figure la Mission d’assistance militaire de l’UE en soutien à l’Ukraine (EUMAM), qui pourrait avoir formé 60 000 soldats d’ici l’été.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères devrait informer ses homologues sur la position de son pays concernant la 8e tranche d’aide pour l’Ukraine de la 'Facilité européenne pour la paix', bloquée depuis des mois par Budapest.

Le Conseil pourrait également s'entretenir sur le 14e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie et sur la 'Conférence pour la paix', prévue pour le 15 juin en Suisse.

Moyen-Orient. Moins d’une semaine après leur réunion extraordinaire par visioconférence à la suite des attaques de drones et missiles de l’Iran sur Israël et de la discussion sur le sujet par les dirigeants européens, les ministres discuteront, lors de leur déjeuner, de la situation au Moyen-Orient.

Sur demande de leurs dirigeants, ils devraient débattre de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran dans le domaine des drones et des missiles. À son arrivée au G7, le 18 avril, le Haut Représentant de l’UE a précisé qu’il fallait revoir le régime de sanctions de l’UE sur l’exportation de composants destinés à fabriquer des drones et des missiles vers l’Iran « pour l'élargir et le rendre plus efficace ». Il a insisté sur l’importance de la mise en œuvre du régime.

M. Borrell a aussi expliqué que le régime de l’UE contre l'Iran pour avoir fourni des drones à la Russie pouvait être étendu aux mandataires de l’Iran qui envoient des missiles en mer Rouge, mais aussi depuis la Syrie, l’Irak et le Liban. « C’est la dimension géographique et – disons – la dimension industrielle de nos mesures restrictives », a-t-il précisé.

Selon plusieurs sources européennes, un consensus pourrait être trouvé lundi pour des sanctions sur l’extension du régime de sanctions touchant les drones iraniens, mais les délais sont trop courts pour avoir l’adoption formelle. Dans une déclaration, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont prévenu, vendredi 19 avril, qu’ils tiendraient le gouvernement iranien pour responsable de ses actions malveillantes et déstabilisatrices. Et de souligner : « Nous sommes prêts à adopter de nouvelles sanctions ou à prendre d’autres mesures, dès maintenant et en réponse à de nouvelles initiatives déstabilisatrices » (voir la déclaration : https://aeur.eu/f/bvr ).

Les ministres devraient discuter des moyens d’éviter une escalade des tensions dans la région. Le Conseil pourrait se pencher sur la réponse israélienne à l’attaque iranienne, avec des frappes sur l’Iran le 19 avril. Il pourrait également revenir sur l'arraisonnement et la saisie par l’Iran, en violation du droit international, du navire marchand battant pavillon portugais MSC Aries, près du détroit d'Ormuz.

Les ministres se pencheront aussi, une nouvelle fois, sur la situation à Gaza. « Nous essaierons de recentrer notre attention sur Gaza », a expliqué un haut fonctionnaire européen, rappelant la situation sur le terrain.

La situation au Moyen-Orient sera en outre débattue à l’issue du Conseil, lors d’une réunion conjointe entre les ministres européens et les ministres des pays du Conseil de coopération du Golfe. 

Soudan. En début d’après-midi, les ministres européens des Affaires étrangères se pencheront sur la situation au Soudan, de plus en plus souvent qualifiée de « la plus grande crise » humanitaire actuelle par les organisations internationales. Selon les estimations, le conflit a engendré plus de 8 millions de réfugiés.

Le pays est déchiré par des affrontements dévastateurs entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR). Lundi 15 avril, juste un an après le déclenchement des hostilités, la communauté internationale, réunie à Paris pour une conférence internationale extraordinaire, avait dégagé plus de 2 milliards d’euros d'engagements humanitaires (EUROPE 13391/2).

Les ministres devraient maintenant examiner les manières pour l'UE d’inciter les parties au conflit à entamer des négociations en vue d'un cessez-le-feu. L’implication du conflit au Soudan devrait aussi être analysée d’un point de vue géopolitique, notamment au regard des tensions en mer Rouge et dans le golfe d'Aden et du rôle des principaux commanditaires du conflit dans la région.

« Nous ne serons pas tout à fait dans des discussions de résolution de crise entre les belligérants », a confié vendredi un diplomate européen à Agence Europe, estimant que les discussions pourraient porter essentiellement sur les moyens de créer les conditions d’un dialogue entre les acteurs de la société civile soudanaise.

Lundi dernier, Josep Borrell avait incité à plus de coordination dans la médiation afin d’instaurer un processus de paix, soulignant l’important jeu d’influence de puissances étrangères en cours dans la région (EUROPE 13391/2). (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)

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