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Bulletin Quotidien Europe N° 13391
ACTION EXTÉRIEURE / Soudan

à Paris, la communauté internationale appelle à « un règlement négocié du conflit »

Alors que la famine menace près de 5 millions de personnes et que les affrontements entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) ont causé, en une année, des milliers de décès et le déplacement de 8,5 millions de personnes, la communauté internationale, représentée par le président français, Emmanuel Macron, a appelé à un « règlement négocié du conflit » au Soudan. Cet appel a été lancé lundi 15 avril, lors d'une conférence humanitaire internationale organisée à Paris par l'UE, la France et l'Allemagne.

Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a plaidé pour davantage de coordination dans la médiation, afin d’instaurer un processus de paix. « On laisse trop de marges de manœuvre aux belligérants pour marchander, procrastiner, en tirant un avantage du fait qu'ils ont différents interlocuteurs », a déclaré M. Borrell lundi matin, en amont de la conférence.

Selon le Haut représentant, les implications de la Russie, « qui cherche à profiter des eaux tourbillonnantes », et d’autres pays favorisent un jeu d’influences qui fragmente les pourparlers. « La guerre ne serait pas si longue s'il n'y avait pas des parties qui l’alimentent, en essayant d'avoir de l'influence sur le pays - qui est un pays très riche », a déploré M. Borrell.

Le conflit entre le FSR du général Mohammed Hamdan Daglo et les FAS dirigées par le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane avait éclaté le 15 avril 2023 (EUROPE 13163/27). Mais il est jusqu'ici resté dans l’ombre de la guerre en Ukraine et au Proche-Orient, dans l’indifférence de la communauté internationale.

Lundi, les représentants des pays européens, de l'UE, des Nations Unies, de l'Union africaine, ainsi que les ministres des Affaires étrangères du Soudan du Sud, du Djibouti, du Kenya, et du Tchad ont pris part aux discussions sans les belligérants concernés. Les organisations non gouvernementales et membres de la société civile soudanaise ont également fait le point sur la situation humanitaire.

Les ONG ont rapporté des violences sexuelles massives, des massacres ethniques, ainsi qu'une importante malnutrition de la population soudanaise. Vingt-cinq millions de personnes, soit la moitié de la population soudanaise, ont besoin d'aide, selon 'Médecins sans frontières' (MSF), qui a dénoncé « un vide humanitaire extrêmement inquiétant », a rapporté l’AFP.

Ces dernières semaines, de nombreuses organisations humanitaires avaient multiplié les appels au financement, tandis qu’au Parlement européen, certains eurodéputés avaient appelé l’UE à promouvoir un cessez-le-feu et la mise en place d’un couloir humanitaire (EUROPE 13387/14).

« Je pense à ces femmes, à ces enfants, à la terreur qu'il y avait dans leurs yeux », s'est remémoré le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, évoquant une visite récente à la frontière soudanaise. Et d'ajouter : « Nous sommes tous réunis aujourd'hui pour rappeler au monde leur existence, pour démontrer que l'Europe s'engage pour atténuer leur souffrance, pour soutenir les pays voisins et pour mettre un terme à cette folie, à cette catastrophe humanitaire ».

Lundi soir, à l'issue de la conférence, plus de deux milliards d'euros d'engagements humanitaires ont été annoncés par le président français. Les pays membres de l'UE participeront à hauteur de 900 millions d'euros. (Bernard Denuit)

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