login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13391
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Premiers échanges des ministres européens de l’Énergie pour un réseau électrique européen mieux coordonné et résistant aux crises géopolitiques

La première journée de réunion informelle des ministres européens de l’Énergie consacrée au développement et à la résilience des réseaux électriques, lundi 15 avril à Bruxelles, a permis d’aborder de façon plus détaillée des sujets liés à la sécurité des infrastructures énergétiques, le soutien à l’Ukraine et la collaboration avec l’OTAN ainsi que le financement de ces réseaux.

À son arrivée au Palais d’Egmont, la ministre fédérale belge de l’Énergie, Tinne van der Straeten, a rappelé que les réseaux électriques étaient une priorité de la Présidence belge du Conseil de l’UE (EUROPE 13390/3) afin d’exploiter le potentiel des bassins maritimes de l’UE.

« Nous avons besoin de réseaux afin que l'électricité puisse circuler librement, non seulement vers les pays qui bordent ces mers, mais aussi à l'intérieur des terres, pour donner accès à l'énergie ‘offshore’ à l'ensemble des 27 États membres, ce qui aura un effet bénéfique sur la concurrence, la baisse des prix et la diminution des émissions de CO2 », a-t-elle détaillé.

Réseau européen intégré et coordonné

La première session de discussion était effectivement consacrée à l’intégration du réseau électrique européen, pour que celui-ci soit plus adapté à l’expansion des énergies renouvelables, mais aussi à une meilleure coordination à l'échelle européenne, comme l’a rappelé Ossian Smyth, ministre adjoint au ministère irlandais de l’Environnement et du Climat.

« Pour échapper à la dépendance à l'égard des combustibles fossiles provenant de Russie et du Moyen-Orient, nous devons nous assurer que nos énergies renouvelables fonctionnent ensemble, ce qui signifie que, lorsque nous planifions notre réseau, nous ne pensons pas seulement à nos intérêts nationaux ou à nos intérêts bilatéraux, mais que nous planifions un réseau électrique pour l'ensemble du continent », a-t-il résumé.

Sécurité des infrastructures énergétiques

Les tensions géopolitiques ont effectivement fait partie intégrante des discussions ainsi que la collaboration avec l’OTAN pour favoriser la protection du système énergétique dans le futur.

Le jour même, les prix du pétrole et du gaz ont bondi à la suite de l’attaque iranienne en Israël du samedi 13 avril. Les semaines précédentes, les infrastructures énergétiques ukrainiennes, quant à elles, ont été visées par des attaques russes sans précédent.

En plus des 27 ministres de l’Énergie, la Présidence belge a invité ses partenaires de l’OTAN, les ministres du Liechtenstein, de l’Islande et de la Suède ainsi que les ministres moldave et ukrainien à se joindre aux discussions.

Ils se sont notamment penchés sur l’importance de la coopération afin de se protéger des menaces physiques sur les infrastructures énergétiques et afin de renforcer la cybersécurité.

Un nouveau point à l’ordre du jour a été spécifiquement ajouté pour discuter avec le ministre ukrainien de l’Énergie, German Galushchenko, des dommages causés par l’armée russe aux infrastructures énergétiques en Ukraine, une discussion dont s’est félicitée la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson.

« De mon côté, j'appellerai nos États membres et nos partenaires à consacrer aujourd'hui des fonds supplémentaires afin que nous puissions soutenir l'Ukraine et l'aider à reconstruire ce qui a été détruit », a-t-elle déclaré.

3,5 milliards d'euros d'investissement

Alors que le déjeuner de travail était précisément dédié à la résilience du système énergétique, la session de l’après-midi visait à discuter du financement et des mesures permettant de minimiser le risque des investissements dans les infrastructures énergétiques transfrontalières.

« Il s’agit d’un défi à plusieurs milliards d’euros, mais c’est nécessaire et essentiel pour la transition vers une énergie propre », a lancé la commissaire Simson.

Selon la Présidence belge du Conseil, les investissements nécessaires à l'expansion de l'infrastructure électrique transfrontalière devraient effectivement atteindre 3,5 milliards d'euros par an au cours de la période 2025-2040. Au-delà des réseaux électriques, les ministres devront se pencher, dans le futur, sur le développement d’un réseau transfrontalier pour l’hydrogène et les différents gaz décarbonés et à faible teneur en carbone.

En marge de cette première journée de réunion, les ministres ont également signé une charte pour soutenir le secteur de l’énergie solaire (voir autre nouvelle).

À l’issue de la réunion informelle, la Présidence rédigera des conclusions du Conseil sur les infrastructures électriques. Celles-ci seront ensuite présentées pour adoption lors du prochain Conseil 'Énergie', qui aura lieu jeudi 30 mai 2024 à Bruxelles. (Pauline Denys)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
BRÈVES
Kiosque