Dans le cadre d’un hommage à l’opposant russe Alexeï Navalny, mort en détention en février dernier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté à l’unanimité, mercredi 17 avril, une Résolution appelant à une série de mesures radicales pour contrer le « régime totalitaire » de Vladimir Poutine, qu’elle refuse de reconnaître comme président légitime de la Russie.
Partant de ce principe, elle exhorte la communauté internationale à cesser tout contact avec ce dernier, « sauf à des fins humanitaires ou dans la recherche de la paix ».
Basée sur un rapport du Lituanien Emanuelis Zingeris (PPE/DC), la Résolution appelle l’Union européenne et les autres États membres du Conseil de l’Europe à sanctionner les responsables des persécutions, des mauvais traitements et de la mort d’Alexeï Navalny (cf la « liste Navalny »).
Elle demande également à l’UE et au G7 de renforcer les sanctions contre la Russie en imposant des sanctions à la Bourse de Moscou et à Rosatom tout en abaissant le plafond des prix du pétrole afin de réduire les revenus de la Russie.
L’Assemblée réitère dans ce texte son exigence de transfert rapide des plus de 300 milliards d’avoirs russes gelés vers un Fonds destiné à indemniser les victimes de l’agression armée contre l’Ukraine.
Sur ce dernier point, Pap Ndiaye, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe, a précisé à Agence Europe que ce Fonds serait un complément au Registre des dommages de la guerre en Ukraine installé à La Haye « dans des installations ultrasécurisées » afin de les « protéger des hackers russes », et qu'il est désormais opérationnel (plus de 1 400 demandes à ce jour).
Pour établir ce Fonds, précise l’ambassadeur, « il faudra tout un chemin juridique » pour éviter « de mettre à feu et à sang le système financier international » et s’assurer que cet argent serve à la reconstruction.
« Il faut avoir le sens du temps », conclut-il, « c’est la première fois qu'un mécanisme de ce genre est en mis en place, mais c’est un impératif moral et intellectuel ».
« Il faut d’ores et déjà penser l’après-Poutine ».
« En 1942, à l’époque nazie, personne n’aurait pensé que la réparation des dommages de guerre aurait été possible ».
Lien vers la Résolution : https://aeur.eu/f/bvg (Véronique Leblanc)