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Bulletin Quotidien Europe N° 13394
Sommaire Publication complète Par article 24 / 32
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits des femmes

Magali Gay-Berthomieu et Silvia Brunello dénoncent l'absence de réponse juridique ciblée face aux violences obstétricales et gynécologiques

Un fléau « systémique », « une violence de genre institutionnalisée » qui reflètent des « habitudes ancrées dans les systèmes et les sociétés ». Ces termes, forts, ont été ceux utilisés par Magali Gay-Berthomieu face à la commission des droits des femmes et de l’égalité de genre du Parlement européen, jeudi 18 avril, pour évoquer les violences obstétricales et gynécologiques dans l'Union européenne. 

La spécialiste des question de genre au sein de la société de conseil ICF présentait aux eurodéputés, en compagnie de sa collègue Silvia Brunello, une étude commandée par le Parlement, visant à faire le point sur la question dans l’ensemble des États membres.

La première difficulté exposée par Mme Gay-Berthomieu est celle de l’identification de ces violences, qui contribue, de fait, à les rendre invisibles. Les pratiques dénoncées relèvent tant du psychologique que du physiologique, portent sur l'absence de consentement dans les soins comme sur des pratiques jugées douloureuses ou inutiles. Aussi, elles peuvent toucher toutes les femmes, bien que certaines catégories soient plus exposées selon leur orientation sexuelle, l'existence d’un handicap, leurs origines ethniques ou sociales.

Par ailleurs, l’absence de définition complexifie le travail de comparaison entre les États membres et entrave la prise en charge juridique des victimes.

Si elle a reconnu la multiplication, ces dernières années, des études, mais également des campagnes de sensibilisation, Mme Gay-Berthomieu note un manque de données. 

L’ensemble de ces problématiques tend à mettre à mal la réponse juridique. Car, bien que des recours existent, ils ne sont pas nécessairement adaptés, comme l’a expliqué Silvia Brunello. « Il n’y a pas vraiment de mesures spécifiques adoptées au sein des États membres », a-t-elle affirmé. Certes, tous les pays ont des dispositions juridiques ou des normes dans la Constitution sur ces violences et discriminations liées au genre, mais l’ensemble de ces dispositions relève du traitement en général. Or, il n’y a pas de « ciblage » relatif au domaine obstétrique et gynécologique. 

Sur ce dernier point, le rôle fondamental des praticiens se heurte à leurs appréhensions. Pour eux, « les violences ne sont pas intentionnelles et sont limitées ». Á l'exception des sage-femmes, « ils ne comprennent pas bien », a déploré Mme Brunello.

Lire l'étude (en anglais) : https://aeur.eu/f/buj (Nithya Paquiry)

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