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Bulletin Quotidien Europe N° 13394
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Luis de Guindos confirme que si la trajectoire de l'inflation se poursuit, une baisse des taux pourrait être examinée en juin

Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), était invité par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (ECON), jeudi 18 avril, pour un échange de vues autour du rapport annuel de la BCE concernant l'année 2023. Le même jour, la BCE publiait son retour sur cette contribution du Parlement européen. Le vice-président a eu l'occasion de répondre aux questions des députés concernant, notamment, la qualité des projections macroéconomiques des équipes de l'Eurosystème, le cadre révisé de gouvernance économique, le verdissement de la politique de la BCE ou encore la rémunération des réserves bancaires en zone euro.

Qualité des projections et politique monétaire

Manuel da Silva Pereira (S&D, portugais) ayant attiré l'attention sur les corrections successives et appuyées effectuées par la BCE dans ses projections d'inflation, il a questionné le vice-président sur la qualité des projections sur lesquelles s'appuie la politique monétaire.

Luis de Guindos a répondu que les quatre dernières années avaient été marquées par des chocs comme la pandémie de Covid-19, suivie d’une reprise économique, puis de l'agression russe contre l'Ukraine. Ces chocs, selon lui, sont difficiles à modéliser aux fins des projections effectuées par les banques centrales. 

M. de Guindos a également évoqué le rapport de la Banque d’Angleterre portant sur l'amélioration des modèles de projections. Il a affirmé que l’Eurosystème avait commencé à réagir et que les projections allaient devenir plus précises.

Le vice-président a souligné, comme l’avait fait la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors des dernières décisions de politique monétaire (EUROPE 13389/4), que l'inflation allait tourner autour des niveaux actuels à court terme, puis atteindre l'objectif de 2% à moyen terme.

Cependant, a-t-il ajouté, des risques entourent ces projections, liés à l’évolution des salaires, à la productivité, au coût du travail et aux risques géopolitiques.

Concernant la politique monétaire de la BCE, Luis de Guindos a indiqué : « Je pense que nous avons été très clairs : si les choses continuent à évoluer comme elles l'ont fait ces derniers temps, nous serons prêts, en juin, à réduire la restriction de notre politique monétaire ».

« En ce qui concerne l'avenir, compte tenu du niveau d'incertitude observé actuellement pour les scénarios économiques, nous sommes très clairs sur le fait que nous devrions suivre une sorte d'approche dépendante des données, réunion par réunion. Avec un tel niveau d'incertitude, il est très difficile de fournir une sorte d'orientation prospective pour l'avenir. Mais pour le mois de juin, je pense que nous avons une idée très claire de ce que nous devrions faire lors de notre prochaine réunion du Conseil des gouverneurs », a-t-il précisé.

Verdissement de la politique monétaire

Interrogé par Henrike Hahn (Verts/ALE, allemande) sur un taux 'vert' de la BCE ou une facilité de prêt pour les investissements verts, M. de Guindos a indiqué que les gouvernements étaient les premiers acteurs en matière de politique climatique, notamment par le biais d'une politique budgétaire favorisant ou soutenant de tels investissements et dissuadant les investissements dans des secteurs polluants.

Néanmoins, il a affirmé que la BCE avait intégré le changement climatique dans sa stratégie et au cœur de son action, et qu'elle fournissait une double contribution à l'effort environnemental, notamment avec sa politique d'investissement, en favorisant les entreprises 'vertes' dans son portefeuille, en remplacement des investissements « bruns ».

Par ailleurs, M. de Guindos annonce la mise en œuvre, avant la fin de l'année, d'une limite collatérale ('collateral pool limit') qui favoriserait, parmi les garanties apportées par les banques lorsqu'elles se fournissent en liquidités, le collatéral vertueux.

Il a indiqué que la question d'un taux 'vert' n'avait pas encore été discutée, mais qu'en termes opérationnels, ce taux vert serait difficile à mettre en œuvre, car il revêtirait des aspects discriminatoires.

Cadre de gouvernance économique

Luis de Guindos a en outre plaidé pour une mise en œuvre rapide des nouvelles règles de gouvernance économique européennes. Il a appelé à des règles crédibles en termes de politiques budgétaires et plaidé pour une diminution de la dette et des déficits publics, qui ont augmenté après la pandémie.

Le vice-président souhaite cependant une consolidation budgétaire prudente pour éviter les impacts potentiels et permettre aux États membres de créer de l'espace budgétaire afin de pouvoir réaliser les investissements nécessaires. Il a également souligné que les marchés commençaient à se pencher sur les niveaux d'endettement publics.

M. de Guindos a réitéré qu'il serait très important, selon lui, de disposer d'une autorité budgétaire unique en zone euro. Cela pourrait conduire à une coopération plus aisée entre politique budgétaire et politique monétaire, a-t-il indiqué.

Lien vers le rapport de la BCE : https://aeur.eu/f/buo

Lien vers le retour de la BCE au rapport parlementaire annuel : https://aeur.eu/f/buc (Émilie Vanderhulst)

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