La vice-Premier ministre et ministre de la Réintégration des territoires temporairement occupés d'Ukraine, Iryna Vereshchuk, a souligné, mercredi 17 avril, dans une interview accordée à Agence Europe, que l’UE devait poursuivre son soutien à l’Ukraine, un soutien qu’elle a souhaité plus ciblé. Selon le site du Conseil, l'UE et les États membres ont consacré 3 milliards d'euros d'aide humanitaire pour l'Ukraine.
« Nous avons besoin d'une aide considérable pour survivre à l'hiver 2024 », a expliqué la ministre, s’inquiétant de l’utilisation de l’hiver comme d’une arme.
Mme Vereshchuk a aussi souligné que les territoires qui ont été temporairement occupés par la Russie, puis récupérés par l'Ukraine avaient besoin de l’aide internationale. « Ces gens ont besoin d'un soutien continu, parce que les opportunités économiques sont très limitées, il n'y a aucun investissement et beaucoup de destructions d'installations qui pourraient constituer des emplois potentiels. C'est pourquoi les habitants de Kharkiv et de la région de Mykolaïv auront toujours besoin de notre soutien et de celui des donateurs internationaux », a-t-elle expliqué.
Le déminage humanitaire est un autre défi, alors que l'Ukraine est le pays le plus miné au monde. « Le pays compte beaucoup sur les efforts conjoints des pays de l'UE, mais pas seulement, pour nous aider ».
La ministre a salué les systèmes de parrainage mis en place entre des pays de l’UE et des régions de son pays. « Des pays ont 'adopté' certaines régions de l'Ukraine et se sont concentrés sur leur développement économique et leur relance, comme la Belgique aide la région de Tchernihiv, le Danemark aide Mykolaïv, l'Autriche Zaporijjia et l'Allemagne Kharkiv », a-t-elle expliqué.
Autre défi : le risque de revanche et le jugement des personnes ayant collaboré avec la Russie. « Les gens veulent que justice soit faite pour ceux qui ont collaboré avec les Russes et causé des meurtres et des arrestations d'autres personnes de leur communauté. Il est donc très difficile pour les gens de revenir et de découvrir que ces personnes sont toujours là, sans aucune punition. Il y a beaucoup de conflits et de facteurs d‘instabilité importants dans les communautés », a précisé Mme Vereshchuk, qui a rappelé qu'en tant que « pays civilisé avec un État de droit », il n'est pas possible en Ukraine d'accuser et de condamner quelqu'un pour collaboration sans le prouver et sans jugement. La ministre a donc demandé des conseils à la communauté internationale en termes d'experts juridiques et d'expériences pour les pays qui ont connu une situation similaire et ont intégré cela dans leur législation afin de pouvoir ajuster le système judiciaire ukrainien « pour garantir que la justice est correctement rendue, et cela, conformément au droit international ».
La ministre a aussi appelé l’UE à faire pression sur la Russie concernant les enfants déportés. Ils seraient 20 000. « Nous avons besoin de plus de pression de la part de la communauté internationale sur la Russie, car la Russie ne devrait pas continuer à le faire sans avoir le sentiment des conséquences à venir et des sanctions imposées aux personnes qui enlèvent ouvertement et effacent l’identité des enfants ukrainiens », a-t-elle plaidé. (Camille-Cerise Gessant)