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Bulletin Quotidien Europe N° 13383
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés discutent d’une aide de 100 milliards d’euros sur 5 ans pour l'Ukraine

Les ministres des Affaires étrangères des pays alliés ont discuté, mercredi 3 avril, de la proposition du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, d’une aide de 100 milliards d’euros sur 5 ans à l'Ukraine. Celui-ci souhaite transformer le programme d’assistance global de l’OTAN en un programme d’assistance pluriannuel.

« Tous les Alliés s’accordent sur la nécessité de soutenir l’Ukraine en cette période critique. (…) Ils sont convenus d’avancer dans la planification d’un rôle accru de l’OTAN dans la coordination de l’assistance et de la formation en matière de sécurité. Les détails prendront forme dans les semaines à venir. (…) L’Ukraine peut compter sur le soutien de l’OTAN dès maintenant et pour longtemps », a souligné le secrétaire général, sans vouloir entrer dans les détails.

Rappelant que l’Ukraine avait des besoins « urgents » en termes de livraisons d’armes, de munitions et d’équipements, M. Stoltenberg a estimé que « tout retard dans la fourniture d’un soutien (avait) des conséquences sur le champ de bataille au moment où nous parlons ». « Nous devons donc modifier la dynamique de notre soutien. Nous devons garantir à l’Ukraine une assistance en matière de sécurité fiable et prévisible sur le long terme », a-t-il expliqué. Selon le secrétaire général, le soutien à l’Ukraine devrait être moins dépendant d’offres volontaires à court terme et plus dépendant des engagements à long terme de l’OTAN.

« Ce qui est évident, c’est que nous avons besoin d’argent neuf et de plus d’argent pour l’Ukraine et nous en aurons besoin pour de nombreuses années », a ajouté M. Stoltenberg, alors que le Congrès américain bloque toujours une aide de 60 milliards de dollars pour l’Ukraine. Le secrétaire général a appelé à une décision « urgente » du Congrès, rappelant que chaque jour sans décision avait des conséquences sur le champ de bataille.

À son arrivée à la réunion, la ministre belge, Hadja Lahbib, avait expliqué que le financement du plan de l'OTAN pourrait se faire en fonction du PIB de chaque Allié. « L’important est de garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas de charité, mais d’un investissement dans notre propre protection. D’un autre côté, il est dangereux de faire des promesses que nous ne pouvons pas tenir », a-t-elle ajouté.

Pour le ministre letton, Krisjanis Karins, ce fonds est une « très bonne proposition ». « C'est dans cette direction que nous devons réfléchir, comment nous pouvons mettre en commun nos ressources communes pour être plus efficaces dans notre aide à l'Ukraine », a-t-il ajouté.

Cité par le porte-parole du gouvernement, Zoltán Kovács, le ministre des Affaires étrangères hongrois, Péter Szijjártó, a prévenu que son pays ne soutiendrait aucune proposition « qui pourrait rapprocher l'Alliance de la guerre ou la faire passer d'une coalition défensive à une coalition offensive », mettant en garde contre la menace d’une nouvelle escalade. Selon M. Stoltenberg, la planification lancée par l’OTAN permettra de répondre aux préoccupations hongroises.

Selon des diplomates cités par l’AFP, au-delà des 100 milliards, le secrétaire général proposerait aux Alliés que l’OTAN prenne davantage le contrôle de la coordination des livraisons d’armes à Kiev, confiée actuellement au groupe de contact 'Défense pour l’Ukraine', composé d’une cinquantaine d’États. L’OTAN fait partie du groupe de contact.

Aucune décision n’est attendue lors de cette réunion ministérielle, qui se poursuit ce jeudi, avec notamment un Conseil OTAN-Ukraine, en présence du ministre Dmytro Kuleba. À son arrivée à Bruxelles, ce dernier a demandé que toutes les batteries 'Patriot' disponibles dans le monde et pouvant être fournies à l'Ukraine - qui subit d’importantes attaques aériennes russes - lui soient livrées « dans les plus brefs délais ».

Renforcement du soutien européen

Avant de s'entretenir avec les Alliés, M. Kuleba a rencontré le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, pour discuter des derniers développements sur le terrain, notamment des récentes attaques massives contre les infrastructures énergétiques critiques ukrainiennes, selon un communiqué du Service européen pour l’action extérieure.

M. Borrell a souligné que ces « attaques barbares » ne faisaient que renforcer la détermination de l’UE à accroître son soutien à Kiev et que l'UE et les États membres feraient davantage et plus rapidement pour soutenir militairement l'Ukraine.

M. Kuleba a été invité à participer, conjointement avec son collègue de la Défense, Roustem Umerov, au Conseil 'Affaires étrangères' du 22 avril à Luxembourg « pour discuter des besoins de l'Ukraine et mieux coordonner le soutien de l'UE et des États membres », selon le SEAE. M. Borrell a également invité l’Ukraine à co-organiser le forum industriel de défense UE-Ukraine, prévu le 6 mai à Bruxelles. (Camille-Cerise Gessant)

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