login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13341
CONSEIL EUROPÉEN / Mercosur

Les dirigeants européens continuent de se diviser sur le sort de l'accord UE-Mercosur

Plusieurs dirigeants européens ont été questionnés sur leur vision actuelle des discussions sur l'accord de libre-échange (ALE) UE-Mercosur, lors du sommet européen du 1er février à Bruxelles, alors que cet accord non finalisé cristallise la colère des agriculteurs, dont une délégation a manifesté violemment devant le Parlement européen le même jour (voir autre nouvelle). 

Les divisions demeurent entre les défenseurs et les détracteurs de l'accord. Pour le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, les négociations commerciales ne doivent pas être mises à l'arrêt. « Je suis en faveur des ALE et de celui avec le Mercosur [...] La politique commerciale est d'importance stratégique », a affirmé le chancelier allemand, sans s'avancer sur la possibilité que les discussions puissent être conclues prochainement. 

La Commission européenne a indiqué que les conditions n'étaient pas réunies pour une telle conclusion, à ce stade (EUROPE 13339/9). 

Le Président français, Emmanuel Macron, a rappelé son opposition ferme à la finalisation de l'accord. « Les clauses miroirs doivent être mises en place. Nos règles doivent valoir à l’extérieur. C’est simple, c’est de bon sens, mais on ne le fait pas assez », a-t-il affirmé. 

Il s'est aussi félicité que les discussions aient été « suspendues » entre les équipes de négociateurs. Ceci n'est toutefois pas le cas, selon la Commission européenne, qui assure que les échanges continuent entre les deux blocs.

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a fait écho aux propos de M. Macron en s'opposant à une conclusion de l'accord dans l'état actuel des choses. « Nous ne pouvons pas avoir une situation où nous imposons des règles environnementales à nos agriculteurs et ensuite importons depuis des pays qui n'ont pas ces règles », a-t-il déclaré. 

Même le Premier ministre belge, Alexander De Croo, d'ordinaire plutôt favorable aux ALE, s'est montré frileux sur l'accord UE-Mercosur en particulier. « Le commerce est une bonne chose, mais il faut des conditions équitables », a-t-il relevé. 

En marge du sommet européen, plusieurs organisations de défense de l'environnement ont réclamé l'arrêt des négociations commerciales. « Les ALE ont poussé les agriculteurs vers une production orientée vers l'exportation, avec des prix qui ne couvrent pas les coûts de production et des politiques qui favorisent les grands acteurs industriels », a déclaré Morgan Ody, paysanne et membre de la Coordination européenne Via Campesina.

« Quand des milliers d'agriculteurs manifestent en Europe contre les ALE injustes, que ce combat est soutenu par les environnementalistes et une large partie de la société civile, comment la Commission européenne peut-elle mettre les intérêts économiques des grandes entreprises au-dessus de notre bien-être commun ? », a interrogé Julie Zalcman, de Friends of the Earth Europe. (Léa Marchal, avec la rédaction)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL - EMPLOI
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES