Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé les dirigeants européens, jeudi 1er février à son arrivée au Conseil européen, à poursuivre leur soutien financier à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), dans la tourmente après les allégations de participation de certains membres de son personnel aux attaques du 7 octobre dernier.
« Il est important de continuer à soutenir l’UNRWA. Une enquête doit être menée, mais nous ne pouvons pas infliger une punition collective au peuple palestinien », a-t-il prévenu, ajoutant qu’il n’y avait pas d’alternative à l’UNRWA, « si l’on veut maintenir ces personnes en vie ». « Pas de punition collective pour le peuple palestinien. Pas de réduction (du financement, NDLR) de l’UNRWA », a-t-il insisté.
Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a estimé que les allégations « ne justifiaient pas en soi une suspension du financement de l'UNRWA, que ce soit de la part de l'Irlande ou de la part de l'Union européenne ». Selon lui, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a « clairement indiqué que le prochain paiement (à l’UNRWA) est dû en février et que ce paiement pourrait bien être effectué, qu'il n'y a pas de gel des financements européens ».
Jeudi, le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a annoncé que si les financements restaient suspendus, l’agence onusienne devrait « très probablement » cesser ses opérations d’ici fin février, « non seulement (dans la bande de) Gaza, mais aussi dans toute la région ».
Le Haut Représentant a cependant rappelé qu’il ne pouvait être ignoré que « jusqu’à 10% » des personnes travaillant pour l’UNRWA auraient travaillé avec le Hamas et qu’une enquête devait être menée.
Au-delà de cette enquête, la Commission européenne a demandé à l’UNRWA, lundi 29 janvier, d’accepter un audit indépendant sur ses contrôles. Le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a annoncé que son pays exigeait une analyse « très détaillée » pour maintenir son soutien à l’Office.
Lors de leur discussion Charles Michel, les dirigeants ont rappelé, selon le président du Conseil européen, les points de convergence des dirigeants européens sur la situation au Proche-Orient : réduire les risques d’escalade, notamment en mer Rouge, continuer à plaider pour la libération immédiate des otages et œuvrer à la livraison de l’aide humanitaire à Gaza, car « chaque vie civile compte ». Plusieurs dirigeants ont aussi souligné l'importance d'un cessez-le-feu à Gaza.
« Il y a une convergence politique très forte sur l’extrême importance de relancer le processus de négociation pour une solution à deux États », a ajouté M. Michel, précisant que les chefs d'État ou de gouvernement avaient discuté de l’idée initiée par le Haut Représentant de l’UE sur une possible conférence de paix.
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/ap4 (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)