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Bulletin Quotidien Europe N° 13332
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les situations en Ukraine et au Proche-Orient une nouvelle fois débattues par les ministres des Affaires étrangères lundi 22 janvier

Les ministres des Affaires étrangères européens se retrouveront à Bruxelles lundi 22 janvier et se pencheront, une nouvelle fois, sur le soutien à apporter à l’Ukraine et la situation au Proche-Orient.

Après un échange de vues traditionnel avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, par visioconférence, les ministres discuteront des engagements de sécurité à long terme de l’UE et du soutien militaire à l’Ukraine.

Les ministres pourraient rapidement discuter de la 'Facilité pour l’Ukraine', de 50 milliards d'euros, et d’un volet pour l’Ukraine de la 'Facilité européenne pour la Paix' (FEP), alors que la 8e tranche est toujours bloquée par la Hongrie. L'aide à l'Ukraine sera au cœur du sommet des dirigeants européens du 1er février. Des discussions sont en cours pour réformer la 'Facilité européenne pour la Paix', qui pourrait porter davantage sur des acquisitions communes que sur la cession d’équipements en stock. La FEP continuerait de financer la formation des soldats ukrainiens via la mission EUMAM

Par ailleurs, le travail sur un 13e paquet de sanctions pourrait bientôt commencer, avec l'objectif de l'adopter à l’occasion du 2e anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février. Plusieurs États membres ont fait des propositions de nouvelles mesures, notamment sur de nouveaux biens à double usage, la restriction de la présence diplomatique russe dans l’espace Schengen, pour éviter les déplacements et de nouvelles interdictions de transit, pour des marchandises qu’il est interdit d’importer en Russie, mais qui sont envoyées à des pays tiers via la Russie, avec un risque de ne jamais atteindre ces pays tiers. « S’il y a une interdiction claire du transit à travers la Russie et la Biélorussie, cela comblera une grande lacune », a plaidé un haut diplomate européen. Ce diplomate a rappelé qu’il était possible, depuis le 11e paquet de sanctions, de prendre des mesures contre des entreprises de pays tiers aidant la Russie. « Certains États membres pensent que l'outil est déjà un moyen de dissuasion, mais, selon moi, il faut l'utiliser au moins une fois pour en faire un moyen de dissuasion », a-t-il expliqué. Des mesures supplémentaires pour éviter le contournement des sanctions existantes pourraient aussi faire partie d’un nouveau paquet.

Les ministres pourraient aussi faire un point sur les avoirs gelés russes, alors que, selon une source, un accord pourrait être atteint dans les prochains jours ou semaines. « Nous sommes très près d’un accord », a-t-elle expliqué, ajoutant que, jusqu’à présent, il n’y avait pas de veto d’État membre, mais que l’instrument était nouveau, avec un certain nombre de questions juridiques à résoudre.

Speed datings sur le Proche-Orient

Les ministres discuteront ensuite de la situation au Proche Orient, dans une « chorégraphe assez complexe », a reconnu un haut fonctionnaire européen. Ainsi, ils discuteront avec le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, dans la matinée.

Les chefs des diplomaties européennes s’entretiendront ensuite, pendant le déjeuner, avec le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, et les ministres des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, Faisal bin Farhan Al Saud, de l'Égypte, Sameh Shoukry, et de la Jordanie, Ayman Safadi, notamment pour discuter de ce qui peut être fait pour restaurer un horizon politique alors que le Premier ministre israélien a une nouvelle fois rappelé son opposition à une solution à deux États, solution défendue par l’UE.

Dans l'après-midi, les ministres s’entretiendront avec leur homologue de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki. Selon une source européenne, ces discussions doivent, entre autres, permettre de nourrir la réflexion européenne.

Les ministres discuteront ensuite entre eux de l'évolution de la situation sur le terrain, y compris de la nécessité d’une pause humanitaire alors que la situation à Gaza se détériore chaque jour un peu plus.

Par ailleurs, l’UE a adopté, vendredi 19 janvier, un nouveau régime de sanctions dédié au Hamas et, dans ce cadre, des mesures restrictives - gel des avoirs et interdiction de voyager - à l’encontre de six personnes facilitant le financement du Hamas (voir autre nouvelle). Les discussions sur des mesures à l’encontre des colons violents se poursuivent, quant à elles, et aucune décision n’est attendue pour le Conseil. Certains États membres estimeraient qu’il faudrait d’abord sanctionner les responsables des attaques du 7 octobre avant de se pencher sur les colons. « Il n'y a pas de calendrier spécifique » pour une décision, a précisé une source européenne.

Future mission en mer Rouge

Le Conseil s’entretiendra aussi sur le risque d’escalade dans la région au sens large. Ils pourraient rapidement aborder la situation à la frontière entre Israël et le Liban en mer Rouge, avec les attaques d’Houthis.

L’UE réfléchit au lancement d’une mission pour sécuriser la navigation dans la zone. Vendredi, plusieurs sources s’accordaient sur le fait que cette mission pourrait être lancée lors du Conseil 'Affaires étrangères' du 19 février, après une discussion des ministres de la Défense lors de leur réunion informelle des 30 et 31 janvier.

Selon une source européenne, il y aurait un consensus autour d’une telle mission. Si l’Espagne a officiellement annoncé qu’elle n’y participerait pas, une source a précisé que Madrid n’aurait pas d’objection à la création d’une telle opération. Celle-ci pourrait être fondée sur la mission Agenor. Selon un diplomate, elle devrait avoir des tâches défensives, telles que l’analyse de la menace maritime (maritime awareness), accompagnement des navires, avec une possibilité de défendre les navires marchands en cas d’attaque (avec, par exemple, des drones intercepteurs).

L’opération serait pour l’instant limitée à des moyens navals. Un haut diplomate a estimé qu’il faudrait trois navires. « Il y a déjà de nombreux États membres, partie à Agenor, qui ont des actifs dans la région », a expliqué un autre diplomate.

Vendredi 19 janvier, la Belgique a officiellement annoncé sa participation à la mission et l’Allemagne pourrait déployer un navire.

Rapidement, les ministres pourraient discuter de la situation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

En amont du Conseil, les ministres auront un petit-déjeuner avec leur homologue égyptien, Sameh Shoukry. Un Conseil d'association UE-Égypte se tiendra à Bruxelles mardi 23 janvier, en marge duquel sera signé un accord-cadre sur la participation de l'Égypte à des programmes de l'UE. (Camille-Cerise Gessant)

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