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Bulletin Quotidien Europe N° 13315
CONSEIL EUROPÉEN / Proche-orient

Charles Michel plaide pour que l’UE porte « une voix qui ait un impact sur ce conflit »

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé, vendredi 15 décembre, à l’issue d’un sommet lors duquel les dirigeants de l'Union européenne se sont penchés sur la situation au Proche-Orient, que « l’UE (devait) être engagée, autant que possible, pour tenter de porter une voix qui ait un impact sur ce conflit ».

Une voix difficile à faire entendre alors que les Vingt-sept sont divisés notamment sur la question d'un cessez-le-feu humanitaire à Gaza ou sur des sanctions visant les colons israéliens en Cisjordanie.

Sans cacher les divergences, M. Michel a préferé mettre en avant les points d’accord. Il a ainsi souligné « la détermination commune et partagée des dirigeants à être très mobilisés pour soutenir davantage sur le plan humanitaire » les Palestiniens à Gaza. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que depuis l'attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre dernier, il y avait eu 28 ponts aériens organisés par la ‘Team Europe’, soit 1 200 tonnes d’aide. Cinq vols sont encore planifiés d’ici la fin de l’année.

M. Michel a mis en avant la « très forte unité » des dirigeants autour de : - la garantie de sécurité pour Israël ; - de son droit à se défendre conformément au droit international, mais aussi ; - de la condamnation des attaques du Hamas et de l’utilisation par l'organisation terroriste de civils comme boucliers humains.

Le président du Conseil européen a également estimé qu’il fallait travailler « d’arrache pied » sur le processus politique en vue d’une solution à deux États, ajoutant que des propositions opérationnelles avaient été partagées par les dirigeants. Ces propositions « vont nous inspirer pour les jours et les prochaines semaines dans notre engagement avec nos partenaires pour progresser sur ce sujet », a considéré M. Michel.

Il a ainsi expliqué que beaucoup de dirigeants voulaient condamner la recrudescence de la violence et des attaques des colons contre des Palestiniens en Cisjordanie. Mais il n’y a, jusqu’à présent, pas d’unanimité au niveau de l'UE pour l'adoption des sanctions. « Encourager à de la stabilité dans cette partie de la région est extrêmement important », a rappelé le président du Conseil européen.

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, favorable à de telles mesures, a précisé que son pays n'agirait pas seul, mais « soit en tant qu'UE, soit en tant que groupe de pays agissant ensemble de concert ».

Plusieurs États membres ont également souligné leur détermination à soutenir la navigation dans le détroit d’Ormuz, alors que les attaques des Houthis yéménites se multiplient. Pour le président français, Emmanuel Macron, les Européens doivent en effet mieux coordonner leur action, notamment pour améliorer les opérations en mer et lutter contre les « actions terroristes » dans le détroit.

L’avenir de Gaza

Les dirigeants se sont également penchés sur l’après-guerre à Gaza. Pour Mme von der Leyen, il y a un « consensus grandissant » sur les principes défendus par l’UE : - pas de déplacement forcé de la population gazaouie ; - l’enclave ne doit pas être un refuge pour le Hamas, qui ne devra plus faire partie de l'administration du territoire ; - une Autorité palestinienne réformée doit gouverner en Cisjordanie et à Gaza ; et enfin, Israël ne pourra pas prolonger sa présence dans la bande de Gaza.

« En nous appuyant sur le fait que nous sommes le plus grand donateur d'aide humanitaire, que nous avons donc une influence dans la région et que nous sommes bien connectés dans la région, et en nous appuyant sur notre expérience, sur ces principes, nous travaillons avec des partenaires de la région, car c'est une bonne base pour créer la solution que tout le monde demande », a précisé Mme von der Leyen.

Aucun texte de conclusions n’a été adopté, bien que les pays du Benelux ont travaillé à un projet commun, selon une source, et que les diplomates sherpas se seraient aussi penchés, vendredi matin, sur un projet de texte.

À l’issue de la rencontre, M. Varadkar a précisé que les dirigeants avaient décidé de ne pas rédiger de conclusions. « Si nous avions essayé d'avoir des conclusions écrites, nous serions restés ici pendant de très nombreuses heures et nous n'aurions probablement trouvé qu'une formulation de compromis dont personne n'aurait été satisfait », a-t-il justifié.

En amont du sommet, il avait pourtant appelé à une « formulation plus forte » ('stronger wording') que celle des conclusions d'octobre (EUROPE 13291/1).

« Nous avons préféré réitérer les conclusions du précédent Conseil européen parce que, si nous les avions renouvelées, probablement que certaines divergences auraient rendu le travail difficile », a confirmé la Présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni.

Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/a64

Demande de mesures contre les colons

Vendredi, l’Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, l'UE, la Finlande, la France, l'Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni ont condamné « fermement » les actes de violence commis par des colons extrémistes, « qui terrorisent les communautés palestiniennes », en Cisjordanie.

Dans une déclaration commune, ils ont appelé Israël à prendre des mesures « immédiates et concrètes » pour garantir la protection efficace et immédiate des communautés palestiniennes, estimant que l’« incapacité » d’Israël à protéger les Palestiniens et à poursuivre les colons extrémistes conduisait à un « environnement d’impunité quasi-totale dans lequel la violence des colons a atteint des niveaux sans précédent ».

Depuis début octobre, les colons ont commis plus de 343 attaques violentes, tuant 8 civils palestiniens, en blessant plus de 83 Palestiniens et en forçant 1 026 Palestiniens à quitter leurs maisons, selon la déclaration commune.

Voir la déclaration des quatorze pays plus l'UE : https://aeur.eu/f/a63 (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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