Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a indiqué, lundi 11 décembre à Bruxelles, après le Conseil 'Agriculture', qu’il conviendrait, dans le cadre des négociations pour prolonger les mesures de libéralisation des échanges avec l’Ukraine qui expirent en juin 2024, d’élaborer « un nouvel instrument de sauvegarde » pour réagir en cas d’importations trop élevées en Europe de volailles, d'œufs ou de sucre en provenance d’Ukraine.
« Le commissaire s’est exprimé en son nom propre », a toutefois indiqué, mercredi 13 décembre, un porte-parole de la Commission européenne, avant de préciser que la position officielle de l’institution est qu’aucune nouvelle mesure n’est à l’ordre du jour.
« Les couloirs de solidarité fonctionnent bien : de mai 2022 à novembre 2023, 93 millions de tonnes de céréales et d’oléagineux ont été exportées d’Ukraine, dont 58 millions de tonnes grâce aux couloirs de solidarité », a indiqué Janusz Wojciechowski lors de la conférence de presse après le Conseil 'Agriculture'.
Il a ajouté que des craintes ont été exprimées par des ministres des pays proches de l’Ukraine au sujet de certains secteurs « pour lesquels nous devrions surveiller la situation : la volaille et le sucre. Nous observons une augmentation considérable du volume des importations de ces produits », a mis en garde le commissaire. Selon Janusz Wojciechowski, il conviendrait d’élaborer « un nouvel instrument de sauvegarde pour réagir, si des importations sont trop élevées ».
La hausse des exportations dans l'UE de produits agricoles ukrainiens continue d’inquiéter les eurodéputés, certains pays de l'UE et les organisations agricoles (EUROPE 13302/5).
La récolte ukrainienne de céréales pour 2023 s'élève à 81 millions de tonnes, dont 58 millions de tonnes de céréales et 23 millions de tonnes d'oléagineux.
L’Ukraine devrait chercher à exporter environ 59 millions de tonnes de céréales, d'oléagineux et de produits dérivés vers le monde, selon des données dont dispose la Commission. Une partie de ces exportations est destinée au marché de l'UE. Il conviendrait de continuer à faciliter le transfert de ces céréales vers les États membres qui dépendent des importations, comme l'Espagne, où la production nationale de céréales a chuté de manière significative, selon des sources européennes, insistant sur le besoin d’éviter que les céréales restent dans les États membres voisins de l'Ukraine ou dans d'autres régions de l'UE où elles ne sont pas nécessaires.
De son côté, l'Ukraine met actuellement en œuvre son plan d'action, comme convenu à la fin de la mise en œuvre des mesures de restrictions en septembre. Outre l'amélioration de la collecte de données et de la transparence, le plan d'action prévoit notamment l'obligation d'obtenir des licences gouvernementales pour les exportations d'aluminium. (Lionel Changeur)