La lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM) est une priorité absolue pour la Commission européenne et fait partie intégrante de nombreuses actions menées dans le cadre de l'Union européenne de la santé, a déclaré l’institution vendredi 17 novembre.
À l'approche de la 'Journée européenne de sensibilisation aux antibiotiques', de nouvelles données publiées vendredi 17 novembre par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC pour European Centre for Disease Prevention and Control) montrent que des progrès ont été accomplis entre 2019 et 2022 pour atteindre l'objectif de réduction de l'utilisation des antimicrobiens de 20% d'ici 2030.
Bien que l'utilisation mondiale d'antibiotiques à long terme ait diminué de 2,5% dans l'UE/EEE entre 2019 et 2022, la consommation a de nouveau augmenté en 2022, car de nombreux Européens ont repris leur mode de vie d'avant la pandémie de Covid-19.
Une étude réalisée par l'OCDE pour le compte de la Commission indique que la RAM coûte aux pays de l'UE/EEE environ 11,7 milliards d'euros par an.
Si chaque pays de l'UE/EEE investissait chaque année 3,40 euros par habitant dans des interventions de lutte contre la RAM dans les secteurs de la santé humaine et de l'alimentation, il pourrait éviter plus de 10 000 décès et plus de 600 000 nouvelles infections et économiser plus de 2,5 milliards d'euros par an pour ses systèmes de santé.
Stella Kyriakides, commissaire à la Santé, a estimé que les chiffres dévoilés « sont préoccupants et montrent qu'une action urgente et ambitieuse est nécessaire ».
La RAM est un élément clé de la révision proposée de la législation pharmaceutique présentée au printemps dernier. Les ministres de la Santé de l'UE ont approuvé un objectif visant à réduire de 20% la consommation d'antimicrobiens chez l'homme et à diminuer de moitié les ventes mondiales dans l'UE d'antimicrobiens utilisés pour les animaux d'élevage et l'aquaculture d'ici 2030.
Lien vers les données de l'ECDC : https://aeur.eu/f/9m7 (Lionel Changeur)