Le directeur général de l’Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, a estimé, jeudi 19 octobre, à l’issue du Conseil de l’ESA, que l’Union européenne devait avoir de l’ambition concernant l’exploration spatiale, qui sera un des sujets du sommet spatial des 6 et 7 novembre à Séville.
Rappelant que l’Inde souhaitait établir une station spatiale d’ici 2025 et avoir un homme sur la lune d’ici 2040 et la Chine d’ici 2030, M. Aschbacher expliqué que « l’UE avait besoin d’être ambitieuse et de préparer un programme pour l’exploration ». Il a espéré que, lors du sommet, des lignes directrices politiques seraient décidées sur la manière dont l’UE devrait procéder concernant l’exploration. Le directeur général a précisé que les décisions budgétaires seront prises en 2025 et qu’ensuite, il sera possible de définir le contenu avec les étapes pour y arriver. Il a ajouté qu’il n’y avait pas de date pour une exploration européenne de la Lune.
Le sommet de Séville sera également l’occasion de discuter des questions climatiques et de la durabilité ainsi que de l’accès à l’espace. Il devrait notamment permettre de faire le point sur les avancées d’Ariane 6.
Jeudi 19 octobre, l’ESA a rappelé que, sur la voie du vol inaugural d'Ariane 6, deux essais importants ont déjà été réalisés. Après le report d’un essai de mise à feu de longue durée initialement prévu le 3 octobre à Kourou, le prochain essai combiné - une répétition de lancement avec allumage de l'étage principal - devrait se tenir fin octobre. Il sera suivi, fin novembre, par un tir de longue durée de l'étage principal avec le moteur Vulcain 2.1.
Ces deux essais, normalement, auraient dû avoir lieu dans le sens inverse, mais le temps nécessaire pour résoudre une anomalie détectée sur un système nécessaire pour contrôler la poussée de Vulcain a requis un aménagement du calendrier. En décembre 2023 devrait se tenir l’essai de mise à feu de l'étage supérieur.
L'adaptation de la séquence de test permet de maintenir le développement d'Ariane 6 sur la voie d'un lancement en 2024, selon l’ESA, qui estime qu’elle pourra donner une date plus précise pour le premier lancement après les tests d’octobre et novembre.
Par ailleurs, le directeur général de l’ESA a révélé que l’accord passé avec le Royaume-Uni pour sa participation à Copernicus avait permis de combler en grande partie le manque de financement lié au Brexit (EUROPE 13245/4). « Cet accord était vraiment nécessaire pour combler le déficit de financement de 721 millions. Il ne comblera pas tout le déficit, mais une très bonne partie », a précisé M. Aschbacher. (Camille-Cerise Gessant)